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Marseille prend son envol

Un but, une passe décisive... L'international ivoirien de l'OM a été étincelant face au PSV

Un but, une passe décisive... L'international ivoirien de l'OM a été étincelant face au PSV - -

Lors de la 4e journée de C1, l’Olympique de Marseille a corrigé le PSV Eindhoven sur la pelouse du stade Vélodrome (3-0). Les Phocéens sont désormais 3e du groupe D.

Les chiffres, c'est bien connu, sont faits pour être contestés. Après trois journées de Ligue des Champions, trois défaites surtout, peu de gens osaient donner ne serait-ce qu'une once d'avenir et donc d'espoir au groupe olympien dans le groupe D. La dictature des chiffres, forcément. Sur 29 équipes ayant perdu leurs trois premières rencontres de C1 (depuis la création des phases de poules), seule une formation avait réussi l'exploit de se qualifier pour les 8e de finale. C'était Newcastle. C'était lors de la saison 2002-03...

Marseille s'est fait peur

Autre époque, autre scénario ? A voir... Une chose est certaine, le public du Vélodrome et le microcosme de la Ligue des Champions ont découvert, mardi soir, le vrai visage des hommes d'Eric Gerets. Un visage conquérant, offensif, fébrile parfois en défense, à l'image des errements de Cana, du placement laxiste de Taiwo et du manque d'autorité chronique d'Hilton... mais un ensemble assez cohérent sur le pré pour prendre la mesure d'une formation néerlandaise de plus en plus empruntée au fil des minutes.

On l'avait dit et répété avant le coup d'envoi de cette partie. Niang de retour, ce serait au rebelle Hatem Ben Arfa, étincelant récemment en L1 face à Saint-Etienne, de prendre les clés de la partie à son compte. Tout comme le reste de sa formation, l'international tricolore ne démarre pas véritablement son match de la meilleure des manières. La peur de l'enjeu peut-être ? Toujours est-il que l'OM subit. Bonnart a droit à un petit tour de rein de la part d'Afellay (12e) avant que le petit prodige du PSV ne trouve Koevermans dans la surface... mais ce dernier manque le cadre (16e). Autant de cartouches manquées par les Néerlandais, autant de motifs d'espérer pour les Marseillais qui s'enhardissent, malgré une pelouse gorgée d'eau.

Koné-Niang-Ben Arfa, trio gagnant...

Eric Gerets croit même à une nouvelle copie insipide de ses joueurs lorsque Baky Koné, après une belle ouverture de Ben Arfa, délivre les siens (30e, 1-0) et que, dans la foulée, Mendez trouve le poteau de Mandanda (38e). En réalité, ce frisson est l'un des derniers à devoir secouer le cocotier marseillais. Le PSV laisse filer sa chance et donne ainsi au bloc adverse l'opportunité de remettre les pendules à l'heure dans l'intimité du vestiaire. Il y aura bien cette nouvelle échappée d'Afellay et une sortie à propos de Mandanda devant Koevermans (58e), le bourreau des Olympiens en terre néerlandaise, pour rappeler à l'OM que le danger permanent n'est pas une simple théorie. Surtout lorsqu'on ne mène qu'un petit but à rien...

Mais les Phocéens, à défaut de toujours corriger leurs lacunes, n'ont pas la mémoire courte. Koné s'illustre à nouveau, cette fois pour le bien du collectif. Niang bénéficie de sa vista et trompe Isaksson de près (65e, 2-0). C'est ensuite au tour de Ben Arfa de passer la seconde et d'offrir une merveille de passe en profondeur au Sénégalais qui se charge de doubler la marque comme un grand (72e), malgré le retour de Kronkamp. Le buteur providentiel de l'OM aurait même pu s'offrir le triplé en fin de match sans un arrêt décisif du portier suédois (76e).

Mais pour Gerets et sa troupe, la copie est suffisamment bonne. Suffisamment pour rester en vie dans le groupe D et continuer à rêver d'une place en 8e de finale de C1 en février prochain. Mandanda n'a pas encaissé de but, une première en Ligue des Champions cette saison... Niang a signé son retour d'un doublé. Ben Arfa a confirmé son altruisme du moment. Les motifs d'espoirs sont nombreux. Reste à les confirmer en version grandeur nature face à Liverpool, terre... d'un exploit phocéen l'an passé. Souvenir, souvenir...

La réaction d'Eric Gerets (entraîneur de Marseille) : « Nous avons longtemps souffert en première mi-temps, mais nous avons tout doucement pris le dessus en seconde. Il fallait avoir de la force, car le PSV a bien joué tactiquement. La situation a changé dans cette compétition. Après le match aller, nous avons reçu des critiques méritées dans la presse. Nous avons été punis. Mais je ne veux pas vivre avec le passé. Et nous avons tiré les leçons du passé. Ce qui m'a plu ce soir, c'est le fait que, pour la 2e fois en quelques jours (après la victoire contre Saint-Etienne en L1 samedi, ndlr) on a vu une équipe en harmonie. Je ne dis pas que nous produisons un jeu qui fait rêver, mais les supporters peuvent être contents : ils ont l'impression que les joueurs ont tout donné et que notre organisation tient la route. Nous n'abandonnerons jamais l'espoir, c'est ce que mes joueurs ont montré. Mais il y a des miracles de temps en temps. » (avec AFP)

Alix Dulac