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Naples : Maradona, idole sanctifiée

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Le souvenir de Diego Maradona reste très présent à Naples, qui accueille l’OM en C1 ce mercredi (20h45). Une adoration qui confine au culte d’un Dieu vivant. Entre amour et déraison pour celui qui a ramené deux Scudetti à la ville.

Pour beaucoup, le nom évoque le joueur le plus génial de l’histoire. A Naples, il raconte bien plus. Diego Armando Maradona. El Pibe de Oro. Patronyme ou surnom, les mêmes émotions affleurent. Les yeux brillants. La chair de poule. Quelques larmes, parfois. Près d’un quart de siècle après son départ, le souvenir de l’Argentin reste vivace dans les cœurs napolitains. Il suffit d’écouter le premier taxi croisé. Son adulation éternelle pour celui qui aura fait vibrer le San Paolo comme jamais et ramené, dans le sillage de son talent, deux Scudetti et une Coupe de l’UEFA entre 1984 et 1991. « C’est comme si Dieu était descendu sur Terre quelques années et ce sont nous, les Napolitains, qui en avons profité, lance Lucas, chauffeur. Ici, c’est un mythe. A Naples, il est interdit de dire du mal de Maradona. »

Aux oubliettes, cocaïne et histoires troubles. Certains craignent même un hypothétique retour comme entraîneur qui pourrait gâcher l’histoire d’amour. Pas question d’égratigner l’idole, encore représentée partout. Des portraits aux coins de rue. Une fresque usée par le temps au-dessus du quartier espagnol. Des articles ou photos dans presque chaque bar, restaurant, station-service ou petit commerce. Jusqu’à voir le passé rattraper le présent. Le maillot le plus vendu dans la première boutique officielle du Napoli, Via San Biagio Dei Librai, où une photo grandeur nature de l’Argentin vous accueille ? Higuain ? Hamsik ? Mais non. Diego, bien sûr. Une tunique version actuelle, le club n’ayant plus le droit de commercialiser celles avec les sponsors de l’époque.

« Quand je le vois à la télévision, je pleure encore »

« C’est le joueur le plus demandé, l’emblème de notre ville, explique Vicenzo, le vendeur. Il représente tout pour nous. Il est irremplaçable. » Adoration à l’image de Naples la bouillonnante. Tout dans l’excès. Témoin au Bar Nilo. Sur la façade, des portraits de Maradona. Et comme sur l’autel d’une église, le patron a construit un tableau religieux à la gloire du « dio del calcio » : photo de Diego entourée de celle du pape François et de San Gennaro, le Saint Patron et protecteur de Naples, et cadre protégeant un cheveu de Maradona qui date du premier titre de champion d’Italie en 1987. « Le toucher porte bonheur, annonce Bruno, le patron. A Naples, nous sommes très croyants. Les Saints, Jésus, la Vierge, tous ont une place très importante. Comme Diego, car pour nous c’est un Saint. » Aux reliques multiples.

Au fond de son bar, dans une pièce cachée, Tonino conserve son « trésor », un maillot donné par l’idole un soir de Napoli-Torino en 1986. « Même 25 ans après, j’en ai la chair de poule ! Quand je vois Diego à la télévision, je pleure encore. » Les santons, spécialité locale, n’y coupent pas. Le plus vendu des footballeurs ? Vous aurez deviné… Et Antonio de résumer le sentiment général : « C’est le Dieu du football. Le fils de Naples, même s’il est Argentin. » Les Napolitains, qui ont tous chanté au moins une fois l’hommage à leur enfant adoptif (« Oh maman… Sais-tu pourquoi j’ai le cœur qui bat ?... J’ai vu Maradona… Eh, maman, je suis amoureux »), racontent même se sentir plus argentins qu’italiens. « Pour toujours dans notre cœur », lâche Giuseppe. Difficile d’oublier l’amour d’une vie.

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