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Nasri : « Le Barça n’est pas fantastique… »

Samir Nasri

Samir Nasri - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Après avoir perdu 2-0 à domicile à l’aller, Manchester City doit créer l’exploit à Barcelone, ce mercredi, en 8e de finale retour de Ligue des champions. Samir Nasri y croit et pointe du doigt les lacunes défensives des Catalans.

Après votre défaite 2-0 à domicile à l'aller, pensez-vous pouvoir éliminer le FC Barcelone, ce mercredi au Camp Nou, en 8e de finale retour de la Ligue des champions ?

Bien sûr, on a une chance. Défensivement, le Barça n’est pas fantastique. Kun (Sergio Agüero) sera de retour, je pense qu’avec sa vitesse, il peut leur faire mal. On n’a plus rien à perdre. Même si on perd 5-0, il faut aller là-bas avec l’intention de les attaquer, de jouer et d’aller les presser. Barcelone est une équipe qui aime avoir le ballon. Ils n’aiment pas défendre, ils ne sont pas habitués à ça. Si on les met en difficulté, je pense qu’on aura nos chances. C’est la façon dont il faut jouer. La Real Sociedad, malgré tout le respect que j’ai pour cette équipe, ils ne sont pas meilleurs que nous. Ils ont gagné 3-1 contre le Barça. Si tu joues sans complexe et sans peur, tu peux les battre. Ce sont des joueurs comme tout le monde. Il ne faut pas respecter ces équipes-là, il faut y aller, les agresser, les presser. Si tu y arrives, ils feront des erreurs et il faudra en profiter.

Après votre blessure au genou mi-janvier, vous avez rapidement repris la compétition

Il faut souligner le travail du staff médical. Deux jours après ma blessure, je suis allé faire une injection de facteurs de croissance pour accélérer la guérison. On avait un objectif qui était ce match retour à Barcelone. Je suis revenu avant. Ça se passe bien, je ne ressens plus aucune douleur. Tout va bien. Ça m’a fait du bien de souffler. En Angleterre, il n’y a pas de trêve hivernale. Le fait d’avoir rechargé les batteries me permet aujourd’hui d’être un peu plus frais que les autres.

Durant votre carrière, vous avez souvent été critiqué pour votre comportement

Je suis quelqu’un qui marche à l’affectif. J’ai entendu des choses comme quoi je ne m’entraînais qu’à 50%. Ce n’est pas vrai, je ne me suis jamais entraîné à 50% parce que j’aime mon métier et je sais la chance que j’ai de me lever tous les matins pour aller taper dans un ballon. Mais j’aime savoir quand je suis mauvais, ce que je dois faire en plus pour mon équipe. Quand tu es joueur de foot, tu n’as pas la science infuse. Tu apprends tous les jours, peu importe ton âge. J’ai soif de connaissance. J’étais habitué avec Arsène (Wenger, à Arsenal) de m’assoir avec lui le lendemain d’un match et de faire mon autocritique. C’est important de savoir ce que tu fais bien et ce que tu fais de mal, pour progresser et être meilleur. Je peux paraître arrogant de temps en temps mais j’ai envie d’être sûr de moi, parce que si tu ne crois pas en toi, personne ne le fera pour toi. S’il y a zéro communication et que tu n’entends que des critiques, forcément ça te travailles dans ta tête. Il y a eu ce qu’il s’est passé à l’Euro, on m’a tué. Je rentre dans mon club, j’ai aussi des problèmes. C’est juste une spirale négative, il faut être fort pour pouvoir la renverser.

Vous sentez-vous plus aimé en France qu'en Angleterre ?

Oui, à part à Arsenal. Mais je pense qu’à Manchester City, on m’apprécie. En France, le problème, c’est qu’on en a fait beaucoup après ce qu’il s’est passé à l’Euro. J’ai eu une mauvaise réaction, certes, mais j’ai répondu à une provocation. Si le journaliste ne me dit pas : « casses toi », je ne fais jamais demi-tour pour l’insulter. Ok, je suis allé loin dans ce que j’ai dit. Mais ça a pris de trop grosses proportions. C’est passé au journal de 13h, de 20h. Je n’ai pas tué un enfant. J’ai eu une réaction d’homme où j’ai insulté un journaliste. Mais je pense qu’on en a trop fait. Les gens ne nous connaissent pas. Ils lisent les journaux, ils regardent la télé. S’ils entendent : « c’est un petit con, il est mal éduqué, trop payé », forcément ça rentre dans la tête des gens. Ça entraîne des relations négatives avec le public et c’est dommage.

Êtes-vous affecté par le fait d'être plus apprécié en Angleterre ?

Il y a un proverbe qui dit : nul n’est prophète en son pays (sourire). Bien sûr que ça m’embête de ne pas être apprécié dans mon pays. Mais c’est relatif, ce sont surtout des opinions qu’on voit dans des sondages. Par exemple, quand je me balade à Paris, personne ne m’a jamais dit : « ce n’est pas bien ce que tu as fait ».

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La rédaction