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Petit : « Personne ne peut battre le Barça »

Emmanuel Petit

Emmanuel Petit - -

L’ancien champion du monde se souvient de son passage difficile à Barcelone (saison 2000-2001). Il a vu arriver la génération des Puyol et Xavi, qu’il voit imbattable mardi au Parc (21h) face à Paris, en quarts de finale de la Ligue des champions. Morceaux choisis.

L’expérience blaugrana

« C’est un maillot qui est lourd à porter. Ça dépasse largement le rectangle vert. L’identité est omniprésente. C’est le symbole de la devise « Mes que un club » (« Plus qu’un club »). On rentre souvent dans des circuits culturels ou politiques, qui n’ont plus rien à voir avec le football. On sent que Barcelone est une entité à part entière (…) C’est un grand club, rien n’est laissé au hasard. Tout est fait être dans les meilleures dispositions. On est les porte-drapeaux de la Catalogne, par rapport à d’autres régions comme le Pays basque, la Castille. Il y a une obligation de résultats mais aussi en termes d’images, pas uniquement dans la production du jeu mais aussi dans la vie civile. Cette identité, c’est ce qui fait la force de Barcelone parce que Messi peut être considéré comme catalan, il est arrivé très jeune, il n’avait jamais joué en Argentine. C’est un formidable contre-pied à la modernité, même si le club est très endetté. Ils jouent de leur identité. Les Catalans ont souvent existé dans leur club au détriment de la Roja. Il a fallu que les Barcelonais et les Madrilènes enterrent la hache de guerre, et on a vu le résultat depuis quelques années. »

Son échec au Barça

« Je suis parti d’Arsenal au retour de l’Euro 2000 sans avoir le temps de dire au revoir au club. Ça a été très compliqué. Si j’avais eu une boule de cristal, j’aurais fait différemment. C’est la seule fois où j’ai suivi la tête et non pas le cœur. J’aurais préféré que l’on me mette en concurrence à mon poste de milieu défensif. J’ai discuté avec des joueurs qui m’ont dit que ça ne se passait pas comme ça à d’autres époques (…) J’ai joué une trentaine de matches dans la saison (38), mais j’étais en conflit avec certains joueurs. On était en fin de cycle. Il y avait un groupe sclérosé entre les Néerlandais et le noyau dur des Catalans. La politique était omniprésente dans le vestiaire. C’était très compliqué malgré la présence de très grands joueurs comme Guardiola, Rivaldo, Kluivert, Overmars, les frères de Boer… C’était une sacrée équipe mais on était tous en fin de cycle. C’était prévisible. Mauvais timing. »

Un Barça imbattable

« Les Xavi et Puyol, je les ai vu faire leurs premiers pas chez les pros. Puyol avait déjà l’âme d’un guerrier, Xavi aussi, Iniesta, on ne le voyait pas encore. Je me souviens aussi de Gabri (…) Après ce qu’ils ont fait contre le Milan… Le PSG est à l’image de l’équipe de France qui a rencontré l’Espagne la semaine dernière. Paris franchit les étapes à pas de géant, on a le sentiment qu’ils n’ont aucune limite. Le Barça n’a plus le même rayonnement, mais ce sont des champions qui ont à cœur de remettre les points sur les i à tout le monde. Sur le terrain, personne ne peut battre le Barça. Paris a-t-il la capacité de jouer en bloc, soudé, en ne rechignant pas à défendre, comme l’ont fait l’Inter, le Milan AC ou même Chelsea ? Va-t-on voir Ibrahimovic lutter au poteau de corner comme Drogba ? Je n’y crois pas trop. »

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