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Pourquoi le Milan va encore regarder le Barça…

Daniel Riolo

Daniel Riolo - -

Daniel Riolo, l’éditorialiste de l’After, décrypte pour RMC Sport le choc des 8e de finale de la Ligue des champions entre l’AC Milan et le Barça mercredi soir. Deux clubs au prestige immense, mais à la trajectoire diamétralement opposée.

C’est un classique du Vieux Continent. Le Milan et le Barça vont une nouvelle fois se retrouver en Ligue des champions. La saison dernière, on avait même eu droit à une double ration avec les deux confrontations en poule (2-2 à Barcelone, 2-3 à Milan) puis les retrouvailles en quarts de finale. Dominé par le Barça à l’issue de la phase de poule, Milan avait également dû admettre la supériorité du Barça lors du quart de finale (0-0 à Milan, 3-1 à Barcelone). Une affiche qui vaut dix ligues des champions ne peut laisser indifférent. Elle est forcément chargée en histoires et en symboles. Le passé penche clairement en faveur du club italien, qui a remporté sept fois le trophée, contre quatre pour le Barça.

En 1994, c’est même face au Barça et à la dream team de Cruyff que Milan a remporté la plus belle finale de son histoire. Ce soir-là, le Milan de Capello avait donné une leçon aux Catalans (4-0). Plus récemment, en 2006, les deux équipes se sont retrouvées en demi-finales. Ronaldinho côté Barça, Shevchenko à Milan. Voilà pour les stars. Le match fut intense, serré (0-0 à Barcelone, 0-1 à Milan). Giuly a marqué, Shevchenko aussi, un but refusé pour un hors jeu curieux. La finale au Stade de France est pour le Barça, la coupe aussi… Depuis, Milan a remporté un dernier titre en 2007. Le Barça, deux autres, en 2009 et 2011. Depuis, le Barça est surtout devenue une équipe qui restera dans l’histoire du jeu, à l’image de ce qu’a été le Milan de 1989 à 1994…

La colère de Berlusconi déjà oubliée

Le Barça avance, le Milan recule. La sensation est incontestable et elle insupporte le boss du Milan, Silvio Berlusconi. La saison dernière, après un quart de finale dans lequel le Milan n’a jamais vraiment existé, celui qui a construit le club le plus titré au monde a piqué une grosse colère. C’est en tribune, à San Siro, que l’explosion a eu lieu : « Ce soir, j’ai vu une très belle équipe, une équipe qui joue admirablement bien, qui nous a donné une leçon et cette équipe, ce n’était pas la mienne. Je n’ai pas fait tout ça, mis autant d’argent dans ce club, pour voir mes joueurs courir après le ballon. Si eux réussissent à jouer comme ça, pourquoi pas nous ? »

Massimo Allegri a pris la colère en pleine poire, avec en même temps l’obligation de reconstruire une équipe… Vaste projet et impossible chantier. Aujourd’hui, l’objectif de Berlusconi, c’est les élections législatives de fin février et les promesses qui vont avec. Celle de battre le Barça ne sera pas tenue. Un an après, à part le jeune El Shaarawy, aucun joueur du club ne se distingue vraiment. Pire, cet été, Thiago Silva et Ibra sont partis. Le symbole d’un Milan qui a quitté le gratin européen et qui risque fort de constater encore une fois la grosse avance prise par le Barça

Daniel Riolo