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Tottenham: Comment Sissoko est redevenu indispensable

Brillant mardi lors du quart de finale aller de Ligue des champions entre Tottenham et Manchester City (1-0), Moussa Sissoko a réussi à se rendre incontournable auprès de Mauricio Pochettino qui comptait beaucoup moins sur lui après son arrivée en 2016.

Moussa Sissoko est insubmersible. Le Français a été l’un des grands responsables, avec son comparse Harry Winks (puis l’entrant Victor Wanyama), des échecs des offensives mancuniennes, mardi lors du quart de finale aller de la Ligue des champions entre Tottenham et Manchester City (1-0). Sa fin de match, avec des interventions tranchantes, fut décisive alors que son équipe subissait davantage la possession adverse et devait défendre son petit avantage d’un but. 

"Je reviens d'assez loin quand même"

"Je suis toujours content de faire de belles performances, a-t-il confié ai micro de RMC Sport. Comme je le dis souvent, je reviens d’assez loin quand même." De deux ans de soubresauts environ. Dans la lignée d’un Euro 2016 réussi et d’une finale époustouflante face au Portugal (défaite 1-0 a.p.), le joueur avait rejoint les Spurs le dernier jour du mercato, le 31 août 2016, alors que Newcastle, son équipe, venait d’être relégué en Championship. 

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Le montant de son transfert (35 millions d’euros) et son intégration très tardive avaient compliqué sa tâche dans une équipe peu habituée aux changements (comme en témoigne les derniers mercatos sans recrue). Résultat, Sissoko n’avait débuté que 8 matchs de Premier League en 2016-17 en même temps qu’il avait progressivement perdu sa place en équipe de France (pas appelé en mars 2017). Sissoko avait alors reconnu avoir "vécu la pire saison de sa carrière personnellement", évoqué des problèmes de communication avec Mauricio Pochettino et même penser à partir pour revenir en France. 

Il était finalement resté et la saison dernière s’était beaucoup mieux passée avec plus de titularisations (18, pour 47 matchs au total) et quelques matchs références, notamment lors de la double confrontation face au Real Madrid. Pochettino, qui estimait lors de la première saison que le montant de son transfert ne justifiait pas qu’il soit titulaire, avait revu son point de vue pour en faire l’un de ses hommes-clés. 

"Aucun autre joueur de l'équipe peut apporter ça"

"Il a été l’un de nos joueurs les plus importants, avait reconnu l’Argentin, réputé pour sa pédagogie avec les joueurs, en janvier 2018. Vous devez lui donner du crédit parce que c’est le seul joueur qui donne de l’équilibre dans nos transitions - de l’attaque vers la défense ou de la défense vers l’attaque - dans l’équipe. Aucun autre joueur de l’équipe peut apporter ça. (…) Nous créons des mythes, moi aussi, je suis comme vous. Parfois, vous pensez à quelqu’un d’une certaine manière à cause de vos premières impressions et elles restent ancrées."

Un gros raté face à Liverpool

Son récent raté face à Liverpool (défaite 2-1) a fait ressurgir quelques vieux démons. Mais après deux ans et demi dans l’équipe, Sissoko a profité de sa force de caractère pour s’imposer dans le onze. La stabilité de l’effectif l’a aussi beaucoup aidé même s’il doit ce retour en grâce d’abord à lui-même.

"Je pense que l'une de ses qualités principales, c'est sa condition physique, a récemment noté Pochettino. Il effectue un travail fantastique pour l'équipe, nous en sommes très satisfaits, très heureux. C'est ce que vous attendez des joueurs que vous recrutez: qu'ils évoluent et démontrent leurs qualités."

"Je ne me suis jamais pris pour une autre personne"

Cela n’a pas échappé à Didier Deschamps (surnommé "le père de Sissoko" par certains de ses équipiers) qui l'a récemment rappelé en sélection en lui offrant même sa 56e cape face à l’Islande en mars, après avoir manqué le train pour le dernier Mondial en Russie. Guy Stéphan, adjoint de Deschamps, était d'ailleurs présent à White Hart Lane, mardi.

"Je ne me suis jamais pris pour une autre personne, a-t-il confié mardi soir. J’essaye de jouer sur mes qualités, c’est comme ça que je suis devenu footballeur professionnel, international. Je donne le meilleur de moi-même. Ça plait au coach, à l’équipe. C’est à moi de continuer dans cette voie. Et de ne pas me prendre pour une autre personne."

Nicolas Couet