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Maradona, les raisons d’un départ

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Après deux ans à la tête de la sélection argentine, Diego Maradona a été remercié ce mardi soir. Son passage sur le banc de l’Albiceleste restera dans les annales.

L’Argentine affrontera l’Irlande en amical le 11 août prochain à Dublin. Ce sera sans Diego Maradona. Le sélectionneur de l’Albiceleste a été remercié mardi soir. A l’issue d’un vote « à l’unanimité », la fédération argentine (AFA) a choisi de ne pas renouveler son contrat. Le « Pibe de Oro » paie ses deux ans de gouvernance mouvementée, ponctués par une douloureuse élimination en quarts de finale de la Coupe du monde face à l’Allemagne (4-0).

Officiellement, l’ancien n°10 aurait été écarté après avoir refusé de se séparer d’une partie de son staff, notamment ses deux principaux adjoints Alejandro Mancuso et Hector Enrique. « S’ils touchent à mon intendant, mon masseur, je m’en vais », avait-il prévenu sur America TV en début de semaine. Il a tenu parole. A moins qu’on ne lui ait pas vraiment laissé le choix. Lundi, Maradona a eu une entrevue houleuse avec Julio Grondona, le président de l’AFA. La discussion a été brève et tendue entre les deux hommes. Dans le clan Maradona, on affirme que Grondona avait de toute façon décidé de se séparer de son turbulent sélectionneur. Son refus de changer de staff ne serait qu’un prétexte.

Une cohabitation difficile avec Bilardo

Quoi qu’il en soit, l’idole de Boca Juniors n’entraînera plus son pays. Avant un moment au moins. Son passage sur le banc de l’Argentine restera dans les annales. En deux ans de mandats, Maradona a fait couler beaucoup d’encre. D’abord euphorique après son intronisation fin 2008, la presse argentine l’a violemment pris à partie après la cinglante défaite en Bolivie (6-1) quelques mois plus tard. Pour ne plus le lâcher. Dans le viseur, son absence de ligne directrice et ses tâtonnements incessants (il a convoqué pas moins de 108 joueurs !).

L’ancien stratège de Naples n’a pas apprécié. Il l’a fait savoir à sa façon lors d’une conférence de presse mémorable, au lendemain de la difficile qualification pour le Mondial sud-africain. « A ceux qui n’ont pas cru en nous, qu’ils me sucent et qu’ils continuent de me sucer », lance-t-il aux journalistes. Une sortie qui lui vaut deux mois de suspension de la part de la fédération internationale. Une mise à l’ écart dont il profite pour assainir ses relations avec le manageur Carlos Bilardo, son ancien entraîneur. Sans s’aimer, les deux hommes parviennent à cohabiter. Et l’Argentine se prend à rêver après un début de Mondial prometteur. Mais la jeunesse allemande ramène tout le monde sur terre...

Maradona ne s’en relèvera pas. Les câlins et les accolades dont il abreuvait ses troupes resteront dans les mémoires. Pour le moment, Sergio Batista, l’ancien sélectionneur des moins de 20 ans, assure l’intérim, le temps de lui trouver un successeur. Certainement moins charismatique, mais peut-être plus efficace.

Alexandre Jaquin