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Matches truqués : la palme à la Turquie

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Au lendemain de l’annonce par Interpol du démantèlement d’un vaste trafic de matches truqués à l’échelon planétaire, le soufflet commence quelque peu à retomber. Explications.

Vingt-quatre heures après le coup de tonnerre frappé par Interpol dans le ciel du football mondial, on commence à en savoir un peu plus sur ce vaste trafic de matches truqués. Si l’Office européen de police n’a pas souhaité divulguer l’« identité » des 380 matches bidonnés ou achetés par le cartel criminel basé à Singapour à l’origine de cette corruption sans précédent, le ranking peu glorieux des nations impliquées commence à se dessiner.

En tête de ce hit-parade de la triche et du crime organisé, la Turquie. Entre 2008 et 2011, Europol a mis en lumière 79 rencontres truquées, même si Yildirim Demirören, le patron de la Fédération turque, a précisé qu’aucune notification ne lui avait été envoyée pour le moment. Au 2e rang figure l’Allemagne, avec 70 rencontres. Puis la Suisse, avec 40 matches, la Hongrie avec 20 et la Belgique, avec 19. 

Des matches de seconde zone

Si le nombre de personnes impliquées (425) et condamnées (14), ainsi que le nombre de matches concernés (380) à quoi de choquer, les sommes générées ainsi que l’importance des rencontres « incriminées » incite à la plus grande prudence. La grande majorité des rencontres arrangées ne concerne, en effet, que des matches de seconde zone, principalement de deuxième division. Certes, une rencontre de Ligue des champions et d’autres de Ligue Europa figurent bien sur la black-list d’Europol, mais il s’agirait « seulement » de tours préliminaires. Le plus clair du temps, entre nations de l’est.

Enfin, le « colossal » jackpot raflé par le cartel de Singapour et le syndicat asiatique des jeux n’arrive même pas à la jambe du salaire annuel de Franck Ribéry, pour ne citer que lui. Les cerveaux de ce trafic n’ont empoché « que » 8 millions d’euros en trois ans. Huit moins deux, précisément, car deux millions ont servi à payer les joueurs, arbitres et dirigeants de clubs corrompus.