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Mondial 2014 - Le Brésil à feu et à sang

Emeutes à Fortaleza ce mercredi

Emeutes à Fortaleza ce mercredi - -

En pleine Coupe des Confédérations, le Brésil se heurte à d’importantes manifestations. Le gouvernement brésilien prévoit d’envoyer la Force nationale, un corps d'élite de la police dans cinq des six villes qui accueillent la compétition. A un an de SA Coupe du monde, le pays est en crise et hurle son désarroi.

En cas de succès, ce mercredi soir à Fortaleza, face au Mexique, le Brésil serait qualifié pour les demi-finales de la Coupe des Confédérations. Ce qui serait un minimum, mais un minimum attendu pour les supporters auriverde, à un an de LEUR Coupe du monde au pays. Sauf que la réalité sociale et économique a rattrapé de plein fouet le pays, et ce quelques heures avant le coup d’envoi de la rencontre. De violents affrontements entre policiers et manifestants se sont produits près du stade de Fortaleza. Ils sont 10 000 environ à être maintenu à distance de l’enceinte. Ceux qui ont lancé des pierres aux policiers ont eu droit en réponse à des gaz lacrymogènes et à des balles en caoutchouc. Deux manifestants sont blessés.

Une triste image bien loin du joga bonito prôné par tout le pays. Une image tristement similaire à celles vues samedi, lors de l’ouverture de la compétition, où 33 personnes avaient été blessées et 20 arrêtées, à Brasilia, lors d’une tentative par la police de dispersion d’un fort contingent de manifestants, venus protester contre l’organisation de la Coupe du monde 2014. C’est tout de même beaucoup moins qu’au Maracana, où quelques heures plus tôt, une centaine de policiers avait déjà dû mettre à mal plusieurs manifestants, en marge cette fois du match Mexique-Italie. « Je me fiche de la Coupe du monde, je veux santé et éducation », hurlaient certains.

En plus de la santé et de l’éducation, les Brésiliens protestent contre la hausse des prix des transports en commun de près de 7%, l’augmentation du coût de la vie et le prix de la Coupe du monde 2014, estimé à 15 milliards de dollars. Lundi, plus de 200 000 manifestants s’en sont pris à des voitures en les incendiant, à des distributeurs de billets en les pillant, mais également à la police avec l’usage de cocktails Molotov. Un véritable chaos. Une vague de protestations qui ternit l’image du pays mais que le sélectionneur auriverde, Luiz Felipe Scolari, a tenté de dédramatiser. « Nous sommes ici pour jouer au foot, a confié mardi l’intéressé en conférence de presse, alors que trois joueurs de la Seleçao ont affirmé leur soutien aux manifestants à savoir Dani Alves, David Luiz et Hulk. Les manifestations, nous pouvons les voir, les observer, avoir une opinion, mais ça n'interfère pas dans notre travail. »

Dilma Rousseff calme le jeu

A un an de SA Coupe du monde (12 juin – 13 juillet), le Brésil se retrouve dans une position très inconfortable. Si elle estime que ces manifestations sont « légitimes » et font « partie de la démocratie », la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a choisi de monter au créneau. En réponse à la recrudescence des manifestations, la Force nationale du pays, la police d’élite, sera dépêchée dans cinq des six villes accueillant la Coupe des Confédérations. Des membres de cette unité seront donc postés à Rio de Janeiro, Bahia, Minas Gerais, Ceará et dans le district fédéral du pays.

« L’année prochaine, c’est la Coupe du monde, affirme un jeune casseur. Tout le monde va venir ici. Alors il faut que les gens sachent comment c’est le Brésil, dans quel pays on vit ». Des propos qui relayent ceux du président de la FIFA, Sepp Blatter : « Je pense que les gens se servent de la vitrine du football et de la présence de la presse internationale pour faire certaines réclamations. Mais le football est plus fort que l’insatisfaction des gens. » « Nous ne permettrons pas que des manifestations perturbent les événements que nous nous sommes engagés à réaliser », appuie de son côté le ministre des Sports Albo Rebelo. A un an de son Mondial, le Brésil, déjà en retard sur ses stades et encore incertain sur son niveau de jeu réel, veut s’éviter toute autre fausse note.

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Xavier Martel