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Platini : « L’Euro 2016 avance à bon rythme »

Michel Platini

Michel Platini - -

Présent ce vendredi à Lille à l’occasion du premier comité de pilotage de l’Euro 2016, le président de l’UEFA s’est montré rassuré sur l’état d’avancement des travaux. Il a en revanche été beaucoup plus critique sur le niveau des clubs français en Coupe d’Europe… et moins enthousiaste que les autres sur une éventuelle domination allemande sur le continent.

« Beaucoup de points verts » pour l’Euro 2016

« On avance bien. Il n’y a pas de soucis. Il n’y a pas d’alerte sur les stades. Je pense qu’il n’y a pas de problèmes pour la France. Mme Fourneyron (ministre des Sports, ndlr) a expliqué que l’argent avait été débloqué, donc tout va bien. L’Euro avance à bon rythme. On a montré un tableau, comme l’a dit Madame le Ministre, avec pas mal de points verts, parfois un peu orange. Je me souviens qu’il y a quatre ans, en Pologne et en Ukraine, tous les points étaient rouges. J’étais très content de voir d’autres couleurs parce qu’on en a bavé là-bas et, à la fin, c’était l’un des plus beaux Euro n’ayant jamais existé. »

Opposé à la technologie sur la ligne de but

« La Goal-line technology nous coûterait, sur cinq ans, si de temps en temps il y avait un but, 50 millions d’euros. Cet argent-là, je préfère le donner au développement du football de base. Je sais que toutes les télévisions font du lobbying sur l’arbitrage. A un moment donné, ils voudront qu’on paie l’arbitrage vidéo. Mais je suis contre la Goal-line technology parce que je ne veux pas de la technologie. Si on commence, on en aura sur toute la ligne de but.»

Un arbitrage à cinq sous contrôle

« Je comprends l’erreur de l’arbitre qui n’a pas vu la faute de Müller (sur Alba lors de la victoire 4-0 du Bayern contre le Barça en demi-finale aller de la Ligue des champions, ndlr). Ils sont trois arbitres internationaux et pas un seul ne la voit. Il y a quelque chose qui ne marche pas. A partir de la saison prochaine, j’ai demandé au secrétaire général que la discussion des cinq arbitres soit enregistrée. Je ne crois pas qu’il n’y en ait pas un qui n’ait pas vu la faute. Ce n’est pas possible. Pourquoi cela n’a pas été dit ? Peut-être que l’arbitre central n’en a pas eu le courage… Quand on va les mettre sous contrôle, je suis sûr qu’ils seront meilleurs. »

L’indice UEFA : tant pis pour la France !

« Je suis président des 53 associations. D’un côté, je me réjouis que le Portugal arrive en troisième place et je ne suis pas content que la France perde une place… Ecoutez, les clubs français n’ont qu’à jouer les compétitions un peu mieux. Notamment Lille, qui à chaque fois qu’il jouait en Ligue Europa, disait qu’il s’en moquait complètement. Les Français perdent des places, tant pis pour eux. Il y a des pays qui jouent bien les Coupes d’Europe. On a une belle finale Chelsea-Benfica. Cela veut dire qu’il y a des grands clubs qui s’intéressent à la Ligue Europa. Les clubs français pourraient la jouer et non pas la dédaigner ou faire les malins. »

Pas persuadé d’une domination allemande

« A chaque fois on tire des conclusions en fonction des deux finalistes. On a dit la même chose à Moscou, il y a quatre ans, quand Manchester United avait affronté Chelsea. Depuis que je suis président de l’UEFA, je n’ai jamais remis une Coupe d’Europe à un club allemand. Cela ne veut pas dire que l’année prochaine, il y aura encore un club allemand qui gagnera. C’est cyclique. Et je rappelle que jamais un club n’a gagné la Ligue des champions deux années de suite (depuis sa refonte en 1992, ndlr). »

Le PSG et le fairplay financier

« Le PSG, ça fait 19 ans qu’il n’a pas gagné un titre de champion. Vous allez me poser des questions par rapport à l’argent… On a mis en place le fairplay financier. Il faut voir maintenant si les clubs qui participent aux compétitions européennes sont dans les clous. On a tous déterminé des règles depuis quatre ans. C’est la première fois qu’il y a eu unanimité sur ce dossier. On a donné quatre ans aux clubs pour se mettre en règle. A partir de la saison prochaine, ils passeront devant la commission. On verra ceux qui sont dans les clous et ceux qui ne le sont pas. Et je ne cite pas de nom parce que si je le fais, ça va partir dans tous les sens dans les journaux.»

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Propos recueillis par Jean Bommel