RMC Sport

Platini : « Le sélectionneur, c’est Blanc et personne d’autre »

Michel Platini

Michel Platini - -

Le président de l’UEFA était à Reims ce samedi dans le cadre d’un hommage à Raymond Kopa. L’occasion d’aborder avec lui quelques sujets brûlants du moment, dont les tensions entre la ministre des Sports et la FFF à quelques jours de France-Brésil.

Michel, l’équipe de France affronte mercredi le Brésil. Qu’évoque pour vous ce pays ?

Le Brésil, c’est ce qu’il y a de mieux en matière de football. L’histoire du football, c’est l’histoire du Brésil. Ce pays n’apporte que des choses formidables. En plus, ça fait je ne sais combien d’années qu’ils n’ont plus gagné contre nous (en Coupe du monde, en 1958 et en amical, en 1992, ndlr). Je les ai joués trois fois et je n’ai jamais perdu contre le Brésil. Ils ont pris une « taule » en finale de la Coupe du Monde 1998 (3-0), donc ce sont toujours de bons souvenirs pour nous. Et je pense que le match de mercredi prochain va être une grande affiche. Les Brésiliens sont au football ce que les All Blacks sont au rugby. On les bat toujours dans les compétitions officielles ! Ils le savent et ils en sont malades. Je pense qu’ils veulent nous « taper ».

Quel est votre avis sur l’équipe de France actuelle ?

Laurent Blanc l’a dit, je pense qu’il n’a pas aujourd’hui « le » grand joueur capable d’apporter le truc en plus. Il a une bonne génération, une bonne équipe, avec de bons jeunes. Travaillons comme ça et si dans un an ou deux, il y a un Zidane qui arrive, l’équipe de France va monter. Je pense que les Bleus sont une bonne équipe. A eux de le prouver sur le terrain. Laurent est reparti avec une nouvelle génération, tant mieux. En fin de compte, le football français est à un plus haut niveau qu’il ne l’était à ma génération…

Comment avez-vous perçu les propos de la ministre des Sports Chantal Jouanno au sujet de la sélection de Laurent Blanc et du cas Patrice Evra ?

Madame Jouanno, je l’ai entendue il y a deux jours. J’ai aussi entendu Laurent Blanc et Fernand Duchaussoy. Ils ont tous raison. C’est le sélectionneur qui décide. Je pense qu’Evra et Ribéry ont été jugés. Ils ont été sanctionnés. Maintenant, ils peuvent revenir en équipe de France et c’est Laurent Blanc qui décidera. C’est lui le sélectionneur, ce n’est ni vous, ni moi, ni madame la ministre. Personne d’autre.

« L’Euro 2012 ? Je suis positif et rassuré »

Pensez-vous que la Coupe du monde 2022 au Qatar doive se jouer en hiver ?

Je maintiens ma position. Bien sûr que je pense que le meilleur choix serait de ne pas jouer en juillet. On aurait d’ailleurs pu faire la même chose en Afrique du Sud, où les matchs ont eu lieu quand il faisait nuit et froid. On n’avait pas vécu l’ambiance d’une Coupe du Monde, ce n’était pas marrant. Donc aller en été à Doha où il fait 55 degrés, je ne suis pas sûr que beaucoup de gens se déplaceraient. Pour le plus grand événement du monde, ça serait bien de le mettre au meilleur moment, dans meilleures conditions possibles. Le débat sera ouvert par la FIFA dans les mois ou dans les années qui viennent, mais je pense que ce serait une bonne idée de jouer la Coupe du Monde 2022 en dehors des mois de juin et juillet. On peut bloquer un mois quand c’est le mieux pour tout le monde. Ce n’est pas qu’un match de foot, c’est autre chose. C’est mon avis en temps qu’ancien joueur de la Coupe du monde. Ce n’est pas le président de l’UEFA qui se positionne, je précise.

Où en est réellement le dossier de l’Euro 2012, en Ukraine et en Pologne ? Certaines rumeurs ne sont guère optimistes…

Ca va bien, ça avance. Le plus dur, ce n’est pas de construire les stades. Ils se construisent. C’est plutôt ce qui tourne autour. Il y a eu des interférences politiques de certaines personnes dans les affaires de la Fédération ukrainienne. La FIFA et l’UEFA ont donné jusqu’à hier soir (vendredi, ndlr) à la fédération de tout remettre en ordre. Et la lettre attendue est arrivée. Donc l’Ukraine ne sera pas suspendue, ni pour les prochains matchs internationaux, ni pour les matchs de compétitions de ses clubs. Cet Euro, ce n’est pas simple. C’est une belle expérience de la part de l’UEFA, de la part de l’Ukraine. Ce sont deux pays qui ont rarement organisé quelque chose de très grand. Ils sont en demande de beaucoup de choses, d’experts… En période de crise, ce n’est pas simple. Mais ils font de gros efforts et je pense que tout ce passera bien. Je suis très positif et rassuré.

SO à Reims