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Brahima Diarra (Huddersfield): "J'ai dû partir en Angleterre pour jouer avec les pros"

Parti de l’Athletic Club de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) en juillet 2019 pour tenter l’aventure à Huddersfield Town (Championship), Brahima Diarra (17 ans) a disputé ses premières minutes en professionnel le 12 décembre dernier contre Bournemouth. Une première étape pour le milieu de terrain, sorti des radars des clubs français et qui s’épanouit depuis un an et demi dans le nord de l’Angleterre.

Le parcours de Brahima Diarra (2003) jusqu’à Huddersfield : Ivry (Val-de-Marne) jusqu’à 13 ans, puis une saison à Montrouge (Hauts-de-Seine) et deux saisons à l’ACBB (Hauts-de-Seine) avant la signature d’un premier contrat professionnel en Angleterre.

Quelles ont été vos sensations au moment d’entrer pour la première fois dans un match professionnel le 12 décembre dernier?

C’était incroyable. J’ai eu la chance d’avoir 2000 supporters dans les tribunes en plus pour mes débuts, j’ai évité le huis clos donc j’entendais les gens crier. Puis une fois sur le terrain, ça a été très intense, pas comme à l’entraînement et très loin de ce qu’on voit à la télévision. Il faut que tu saches quoi faire avant d’avoir le ballon. En plus, on jouait Bournemouth qui descendait de Premier League. J’ai vite compris que le niveau était très haut.

Vous vous attendiez à jouer?

Un peu. Il y avait beaucoup de blessé à mon poste, et le coach a fait un peu tourner en plus. Le staff me disait d’être prêt. J’avais un peu de stress, surtout que je suis entré ailier alors que joue plutôt dans l’axe normalement. Mais le coach (Carlos Corberán) m’a vite donné confiance en me disant de rester naturel et de faire ce que je savais faire.

Vous avez choisi de quitter la France en 2019, pour rejoindre l’Angleterre, pourquoi?

C’est assez simple, je voulais rester en France, j’ai fait 7 essais dans des clubs français, mais aucun n’a choisi de me faire signer en préformation. Huddersfield est venu me voir jouer à partir d’octobre 2018, contre Torcy, puis ils m’ont proposé un essai. J’ai passé une semaine en Angleterre et quelques jours plus tard, ils me faisaient une offre de contrat professionnel. Je n’ai pas beaucoup hésité ensuite car j’ai vu qu’ils donnaient la chance aux jeunes joueurs. L’effectif professionnel est très jeune, donc ça m’a rassuré et j’ai accepté.

Comment expliquer que les clubs français ne vous ont pas fait signer?

Je n’ai pas d’explication. Ça a été une période difficile car j’ai dû rester en club amateur, mais on m’a toujours dit de ne rien lâcher. Maintenant, je n’ai rien fait encore, juste 30 minutes en professionnel. Il faut que je continue pour donner tort à ceux qui n’ont pas cru en moi. Mon objectif cette saison, c’est de faire le plus de matches professionnels et pourquoi pas intégrer l’équipe de France U18. A cette époque, j’étais peut-être un peu faible mentalement, je voulais tout lâcher après mes échecs. Mais l’Angleterre m’a beaucoup apporté. Je suis parti loin de ma famille, de mes amis, je suis en famille d’accueil, ça aide. Aujourd’hui, je parle anglais et je me sens bien ici.

Pour ceux qui vont vous découvrir, pouvez-vous décrire votre style de jeu?

Je dirais un peu comme N’Golo Kanté. J’ai une bonne conduite de balle, mais je dois encore travailler mes tirs et mes statistiques offensives. J’aime trop la passe, c’est un peu mon défaut. Je peux me retrouver devant le but et faire la passe. C’est un point sur lequel je dois travailler, mais pour moi, une passe décisive, c’est comme un but.

Loic Tanzi