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Comment Rodgers a révolutionné Liverpool

Brendan Rodgers

Brendan Rodgers - -

En cas de succès ce dimanche contre Chelsea (15h05), Liverpool ferait un pas décisif vers son premier titre de champion depuis 1990. Une réussite marquée du sceau de Brendan Rodgers, jeune coach qui a révolutionné le jeu des Reds.

Un jeu réinventé

Rodgers est un pragmatique. Adepte d’un jeu de possession qui avait montré ses limites lors de sa première saison à Liverpool (7e), le technicien nord-irlandais a su se réinventer. Si les Reds sont toujours à l’aise lorsqu’ils dictent le jeu, ils ne sont pas toujours réticents à le laisser à l’adversaire. Avec le trio Sturridge-Suarez-Sterling, chaque attaque rapide est un supplice pour les défenseurs. D’autant plus quand les passeurs s’appellent Coutinho, Henderson ou Gerrard. Ce dernier (33 ans) retrouve d’ailleurs une seconde jeunesse et découvre un nouveau poste. Pointe basse du milieu en losange, le capitaine des Reds parcourt moins de terrain mais fait étalage de sa qualité de passe, toujours intacte. Et tant pis si Liverpool, qui a marqué 96 buts 35 journées (record du club), en encaisse un peu plus que prévu (44).

Une méthode presque scientifique

Suite au départ de Kenny Dalglish à la fin de la saison 2011-2012, les dirigeants de Liverpool cherchaient un technicien capable d’incarner un nouveau projet. Celui de Rodgers était détaillé dans un dossier de 180 pages qui a convaincu ses actuels patrons. Monstre de travail et très méticuleux, il propose à ses joueurs des plans d’entraînement de quatre jours, expliqués à chaque fois. Le but ? Que ses protégés aient « mal aux jambes mais aussi à la tête » après les séances. Le pressing d’enfer imprimé par les Reds en match est aussi savamment calculé. Pendant cinq secondes, les joueurs mettent une pression intense sur le porteur du ballon, avant de la relâcher et d’attendre le moment propice pour reprendre le ballon. Mais ce travail ne se limite pas à l’aspect tactique ou technique. Rodgers s’est attaché les services du psychiatre Steve Peters pour que ses joueurs focalisent leur attention uniquement sur ce qu’ils sont en mesure de contrôler, laissant le superflu de côté.

Il protège ses joueurs... devant les médias

Voir José Mourinho piquer, voire parfois plus, ses joueurs devant la presse est devenu une habitude. Brendan Rodgers, lui, ne le fait jamais. A chaque sortie médiatique, le coach de Liverpool affiche un visage serein, calme. Cette semaine, avant le match contre Chelsea, il a ainsi assuré qu’il n’avait « jamais aussi bien dormi ». Mais n’allez pas croire que Rodgers est toujours un agneau avec ses troupes. Si ses relations avec Luis Suarez ou Steven Gerrard sont évidemment différentes de celles qu’il entretient avec d’autres membres de son effectif, il sait se faire entendre. Raheem Sterling peut en témoigner. Quelques jours après sa prise de fonctions, Rodgers avait recadré devant tout le groupe le jeune Anglais, qui venait de faire preuve d’insolence. « Tu me redis ça une fois quand je te parle et tu prends le premier avion », avait-il lâché. Etincelant cette année, Sterling a compris le message.

Les plus grands l'ont inspiré

Pour peaufiner sa méthode et créer la « patte Rodgers », l’ancien coach de Swansea s’est inspiré des plus grands. D’abord entraîneur des jeunes puis de la réserve de Chelsea, le Nord-Irlandais a été marqué par la personnalité de José Mourinho. Pour Rodgers, travailler aux côtés du Portugais était comme « aller à Harvard ». Mais il fallait un jour qu’il sorte de la lumière. C’est chose faite en 2008 à Watford, qu’il sauve de la relégation en D3. Une performance qui lui vaut une lettre de félicitations de Sir Alex Ferguson, qui lui conseille de patienter en attendant qu’un club de l’élite lui fasse confiance. Comme d’autres coaches de sa génération (41 ans), l’école barcelonaise (Guardiola, Rijkaard, Cruyff) l’a également beaucoup influencé. Un melting pot d’idées et de philosophies qui se retrouvent aujourd’hui dans la manière dont Liverpool joue. Et qui font que désormais, c’est Rodgers qui inspire les autres.

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Alexandre Alain