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Garde : "Mon objectif n’est pas de revenir en France"

Rémi Garde, l'entraîneur français d'Aston Villa

Rémi Garde, l'entraîneur français d'Aston Villa - AFP

Arrivé au chevet d’Aston Villa début novembre, après un début de championnat catastrophique, Rémi Garde n’a toujours pas sorti le club de la ville de Birmingham de la dernière place de la Premier League. Invité de Luis Attaque ce mardi sur RMC, le technicien français croit encore au maintien et s’imagine un avenir sur le banc des Villans.

Rémi, Aston Villa reste dernier du championnat. Êtes-vous toujours motivé pour sauver ce club ?

Malgré les difficultés, oui, bien sûr. L’équipe est dernière pratiquement depuis le début du championnat. A part la victoire lors de la première journée à Bournemouth, ils n’avaient pas gagné avant que j’arrive, donc la situation était déjà très critique. On a redressé un peu la situation mais malheureusement pas au classement. Il y a un gros travail en profondeur à faire dans ce club.

Avez-vous vraiment le potentiel pour vous sauver ?

Oui. Tant que les choses ne sont pas pliées mathématiquement, j’ai de l’espoir. Après, l’équipe qui a été constituée à l’intersaison et depuis quelques années fait que ce club bataille depuis longtemps. Depuis quatre ans, ils jouent pour ne pas descendre. Ils ont terminé trois fois 16e et une fois 17e. Cette année, on est 20e, donc je dirais qu’il n’y a pas de miracle. Le groupe a du potentiel mais il est assez réduit quand même.

Auriez-vous aimé pouvoir recruter plus au mercato ?

Evidemment. J’avais ciblé quelques joueurs qui auraient pu nous renforcer. Ça n’a pas pu se faire pour différentes raisons, qui vont de notre situation pas très attractive pour les joueurs à un propriétaire américain qui a déjà perdu beaucoup d’argent sur les cinq dernières années. On parle de 300 millions de livres donc ce n’est pas rien. Aujourd’hui, je pense que c’est quelqu’un qui a plutôt envie de rebâtir un club, de le remettre dans des conditions de travail dans lesquelles les joueurs recrutés auraient les moyens de progresser individuellement et collectivement. Il a jugé que ce n’était pas le cas aujourd’hui car il y a un travail de fond à reprendre.

« Même si c’est très difficile, je m’éclate »

Êtes-vous d’accord pour continuer votre mission en cas de descente ?

Ce sera à rediscuter au moment où la saison prochaine se préparera vraiment, à savoir dès la fin du championnat ou même un peu avant. Je suis prêt à rester dans ce club s’il y a les moyens de remonter. Aston Villa est un très gros club, très prestigieux en Angleterre. Malheureusement, quand on met le nez dedans, il y a beaucoup, beaucoup de travail à faire. Mais c’est un projet qui peut m’intéresser si on me donne les moyens. Comme c’était prévu au départ.

Votre effectif contient plusieurs anciens de Ligue 1. Ont-ils les épaules pour la Premier League ?

Bien sûr. Ils le montrent, surtout depuis que je suis arrivé pour être sincère. Mais c’est à mettre à leur crédit et pas au mien. Le recrutement a été bien fait. Le problème, je pense, c’est qu’il y a eu un peu de confusion avec Tim Sherwood, l’entraîneur précédent. Je ne sais pas trop ce qui s’est passé et je ne veux pas trop en parler, ce n’est pas mon rôle, mais je dirais que la mayonnaise n’a pas forcément pris rapidement. Ils ont perdu sept matches d’affilée en début de saison donc la situation s’est mal engagée très rapidement. Quand les joueurs continentaux arrivent en Premier League, ils ont quelques difficultés d’adaptation car il y a des spécificités parfois surprenantes ici. Pour tous les anciens de Ligue 1, retrouver un entraîneur français leur a redonné un second souffle. Ce sont des joueurs qui ont retrouvé en partie leur niveau et qui vont progresser rapidement.

Est-ce un métier différent en Premier League et en Ligue 1 ?

Il est différent car les clubs sont organisés différemment. Je rends des comptes seulement au directeur général du club. J’ai rencontré le président une fois et le propriétaire deux fois. On se parle comme ça mais ce ne sont pas des rapports de dirigeant à dirigé. C’est un peu plus une approche de manager. On est mis devant ses responsabilités et il faut réussir. Après, même si les moyens sont supérieurs, le métier est le même. Il faut bien préparer son équipe. C’est un métier très intéressant en Angleterre. Même si c’est très difficile, je m’éclate et je suis très content d’avoir saisi cette opportunité. Même si ça ne se voit pas encore au classement, ça va mieux petit à petit. J’ai le soutien de beaucoup de gens au club.

Aimeriez-vous revenir en France ?

Je me suis engagé pour trois ans et demi. Il peut y avoir une descente qui peut remettre en cause certaines choses, d’un côté comme de l’autre. Mais mon objectif à court terme n’est pas de revenir en France. Je n’ai rien contre la France mais j’aime aussi beaucoup l’Angleterre. Je prends beaucoup de plaisir là-bas. Mais on ne peut jamais savoir dans le foot et j’aime aussi la L1 donc on verra plus tard.

la rédaction avec Luis Attaque