RMC Sport

Nasri explose enfin

Samir Nasri

Samir Nasri - -

Irrésistible cette saison sous le maillot d’Arsenal, l’ancien Marseillais s’affirme désormais comme l’un des meilleurs joueurs du championnat d’Angleterre. Il sera l’un des atouts maîtres des Gunners lors du sommet face à Manchester City ce mercredi soir (20h45) à l'Emirates Stadium.

Un doublé magnifique contre Fulham début décembre (2-1). La note de 9/10, une rareté outre-Manche. Et le commentaire qui va bien de Sky Sports : « Peu de joueurs de Premier League ont été aussi impressionnants que Samir Nasri. » Peu ? Deux à vrai dire. L’âme vivante de Manchester City, Carlos Tevez qu’il croisera ce mercredi soir (20h45), sur la pelouse de l’Emirates, lors du match au sommet de la 22e journée de Premier League. Et le Bulgare Dimitar Berbatov (Manchester United), bourreau des surfaces anglaises cette saison (14 buts). Avec treize réalisations toutes compétitions confondues, l’excellent passeur s’est mué également en un redoutable buteur. « C’est le joueur qui crève l’écran en Angleterre, note Luis Fernandez. Il est dans une forme exceptionnelle. Samir a pris une nouvelle dimension. »

Et un nouveau statut. L’ancien Marseillais est devenu un cadre des Gunners. Celui qui prend en main Marouane Chamakh. « Il a été comme un frère pour moi, confie l’international marocain. Il a pris soin de moi, m’a fait sortir. Il m'a vraiment aidé. » Celui, aussi, que recherche ses partenaires. « C’est un rêve de jouer avec Samir, lâche Théo Walcott. On veut toujours lui donner le ballon car il est capable de créer du danger à partir de rien. » L’homme, enfin, susceptible de faire de l’ombre à l’icône Cesc Fabregas. Si le capitaine d’Arsenal arrive en tête des maillots les plus vus dans les tribunes de l’Emirates, celui de Nasri arrive très largement en deuxième position.

Il récupère le chant de Pires

Cet état de grâce a trouvé un écho sur le plan concret. Début novembre, Nasri est élu meilleur joueur du mois d’octobre par le jury de la Barclays Premier League. Un honneur qu’a connu avant lui un certain Robert Pires. « J’ai vu Samir à l’entraînement, confiait récemment l’ancien Gunner, aujourd’hui à Aston Villa. Il a énormément progressé. En l'absence de Fabregas, il a pris ses responsabilités. C'est lui le maestro de l'équipe. » L’hommage n’est pas innocent. Il ressemble même à un passage de témoin. Car à Londres, pas de doute possible, l’actuel numéro 8 marche sur les traces du mythique numéro 7. D’ailleurs les fans n’ont pas hésité à reprendre l’air du chant consacré à Robert Pires pour soutenir leur nouveau chouchou. Un signe.

Comme son illustre prédécesseur, Nasri est un meneur excentré. Comme lui, il a dû épurer son jeu, prendre du muscle, apprendre à jouer en première intention. Et comme l’ancien Messin, véritable gâchette de Premier League lors de l’exercice 2002-03 (14 buts), le Gunner a attendu sa troisième saison pour franchir un palier. « Quand tu le vois jouer comme ça, tu te rends compte qu’il a atteint un top niveau, poursuit Luis Fernandez. S’il pouvait faire de même en équipe de France, il pourrait apporter un vrai plus aux Bleus. »

Pour le moment, c’est Arsenal, plus que jamais en course vers un titre de champion qui lui échappe depuis 2004, qui attend beaucoup de lui. En fin de contrat en juin 2012, le joueur a d’ores et déjà commencé à négocier avec son club les contours d’une prolongation de contrat. Au vu de la saison que réalise Nasri, Arsenal ne devra pas lésiner sur les moyens pour convaincre son prodige.

Alix Dulac