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Özil met déjà le feu à Arsenal

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L’arrivée de Mesut Özil à Arsenal en provenance du Real Madrid a donné lieu à des scènes de liesse et de joie presque surréalistes du côté de Londres. Retour sur cet authentique événement qui fera date auprès des supporters des Gunners.

Lundi 2 septembre 2013. Des voitures de police bloquées sur la route, à l’intérieur desquelles klaxonnent des agents à moitié amusés par la situation. Des supporters d’Arsenal, maillots sur les épaules et écharpes en main (c’est encore l’été), qui dansent, sautent un peu partout, éclairés seulement par la lumière des lampadaires, des phares et des portables filmant la scène. Pourtant, au pied de l’Emirates, rien n’a changé. Arsenal n’a toujours pas gagné le moindre titre depuis huit ans et, une minute avant, rien n’indiquait que les choses allaient s'arranger de sitôt. Sauf que ce lundi soir n’est pas n’importe lequel. Alors que le marché des transferts s’apprête à fermer, des milliers de fans médusés, apprennent simultanément qu’Arsène Wenger vient de faire quelque chose loin, très loin, de ses habitudes.

Le technicien français vient de recruter une superstar du foot. Mesut Özil, brillant numéro dix allemand du Real Madrid, change de capitale et s’engage pour cinq ans avec les Gunners contre près de 50 millions d’euros. « C’est incroyable ! C’est juste incroyable mec… explose un supporter au micro de la télé d’Arsenal. Il va nous rendre grands, à nouveau. Juste imaginez-le derrière Giroud et aux côtés de Santi Cazorla et Jack Wilshere ! » La voix cassée du jeune homme trahi son émotion. Il crie de joie depuis maintenant plusieurs heures. Et il avait perdu l’habitude.

Huit ans de solitude

Si les fans du club le plus populaire de Londres célèbrent la signature d’Özil comme un titre de champion, c’est qu’elle vient répondre à une frustration devenue presque culturelle aux abords de l’Emirates. « On n’achète pas de superstars. On les forme », répétait sans cesse Arsène Wenger. Une politique un temps populaire, mais finalement remise en question par l’absence systématique de résultats depuis une FA Cup en 2005. Habitués à jouer les premiers rôles durant tout le début des années 2000 (et de nombreuses fois auparavant dans leur histoire), les Gunners ont, petit à petit, descendu les marches de la gloire, finissant par lutter avec Tottenham pour la 4e place, plutôt que contre Chelsea et United pour le titre de champion. Une rétrogradation sur l’échelle alimentaire de la Premier League impossible à avaler pour tout Gooner qui se respecte.

Tellement que, après nombre d’échecs successifs sur le marché des transferts cet été (Gonzalo Higuain, Luis Suarez, Julio Cesar, Demba Ba, Luiz Gustavo - qui avait carrément préféré Wolfsburg), cette arrivée dans les dernières minutes du « transfer deadline day », a littéralement fait exploser les fans d’Arsenal. Très présents sur les réseaux sociaux, ils ont même largement contribué à faire en sorte que le nom d’Özil soit mentionné plus de deux millions de fois ce lundi 2 septembre, quand Gareth Bale, joueur le plus cher de l’histoire, n’apparaissait « que » dans 800 000 tweets. A Arsenal, la chambre de résonance est aussi conséquente que l’envie d’une star est énorme. « Nous cherchions à remplacer Nasri et Fabregas. Il fallait quelqu’un pour remplir ce vide laissé par leurs départs et désormais c’est fait. Il est même bien meilleur que Nasri » explique un autre abonné de l’Emirates, lui aussi extatique, réaction incompréhensible pour un supporter du Real, de Chelsea, de l’Inter ou, plus récemment du PSG et de Monaco. Mais Arsenal n’a jamais été très dépensier.

Pire, sa dernière recrue phare datait de 1995. Un certain Dennis Bergkamp, acheté pour 7.5M£ (un chiffre à l’époque énorme) et qui relança la machine des canonniers (presque) à lui tout seul. Comment ? D’abord par son football. Puis par son image, celle d’une vedette, semblant valider le projet du club par sa présence, donnant ainsi la confiance nécessaire. « Une équipe de foot est comme une belle femme a un jour dit Wenger. Quand vous arrêtez de le lui dire, elle oublie qu’elle est belle ». A Arsenal, on vient de s’en souvenir.

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