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Premier League: Comment Chelsea s'est retrouvé dans le rouge

Après d’importantes réussites économiques et sportives, le club de Chelsea semble marquer le coup. Seulement 4e de Premier League, les dirigeants des Blues ont présenté un bilan comptable largement déficitaire sur la saison 2018-2019. Le faste des années 2000 semble bien loin.

Dévoilés en début d’année sur son site internet, les comptes de Chelsea apparaissent dans le rouge pour la première fois depuis 5 ans. Les pertes avant impôts, sur la période 2018-2019 se chiffrent à 118 millions d’euros alors que le club de Premier League était excédentaire la saison précédente, avec des bénéfices déclarés à 70 millions d’euros.

Le magazine Forbes rappelle notamment que le propriétaire de Chelsea, Roman Abramovitch, a injecté, de sa fortune personnelle, 290 millions d’euros sur deux ans afin de maintenir l’équipe à flot. Alors même que le russo-israélien n’a plus assisté à un match à Stamford Bridge depuis 2018.

Un propriétaire absent mais aidant

C’est d’ailleurs ce point qui étonne. Chelsea n’est plus capable de générer des bénéfices et des excédents de façon pérenne et durable, n’est plus autonome économiquement et reste trop dépendant des recettes en Ligue des champions et des apports de son propriétaire, pourtant ce dernier reste aux commandes.

Récemment, Roman Abramovitch avait d’ailleurs rejeté une offre d’achat du financier américain Todd Boehly, selon le Wall Street Journal. Cité par Forbes, l’économiste Kieran Maguire, de l'Université de Liverpool, considère que "la relation d’Abramovitch avec Chelsea est étrange. […] Le club ne produit pas de revenus suffisants, Abramovitch ne vient plus au stade, et pourtant il maintient ses soutiens financiers et ce de façon exceptionnelle".

Il faut dire que les ressources diminuent continuellement. Sur l’année dernière, Chelsea a enregistré une baisse de 9 millions d’euros de ses revenus billetterie et une réduction de 4,5 millions d’euros de ses revenus droits TV. Rajouter à cela des passifs courants issus de l’échelonnement des paiements de transferts estimés à 268 millions d’euros ainsi qu’un coût de 30 millions d’euros pour le licenciement, en 2018, de l’entraîneur italien Antonio Conte, ça commence à peser sur la comptabilité.

Une justification supplémentaire pour la Ligue des champions semi-fermée? 

Dans son communiqué de presse, le conseil d’administration de Chelsea a justifié ces pertes, "historiques donc exceptionnelles", par l’absence de qualification en Ligue des Champions lors de saison 2018-2019. Le club était alors présent en Ligue Europa et avait fini par remporter la compétition.

Mais les dotations économiques de la petite coupe d’Europe sont bien plus faibles que sa grande sœur, avec des gains quatre fois supérieur pour le vainqueur de la Ligue des Champions. De tels écarts qui impactent lourdement l’équilibre comptable du club et qui ne feraient que donner du grain à moudre aux partisans d’une ligue des champions semi-fermée, voulue à partir de 2024.

En effet, assurer la présence dans cette compétition phare et ô combien rémunératrice permettrait de garantir la stabilité économique des clubs et d’éviter les soubresauts comptables. Cela se voit clairement avec Chelsea, une sorte de colosse aux pieds d’argile…

Pierre Rondeau