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River Plate, chronique d’un naufrage annoncé

Mariano Pavone

Mariano Pavone - -

Pour la première fois en 110 ans d’existence, le club le plus titré de l’histoire du football argentin a été relégué en 2e division. Le désastre sportif a provoqué une flambée de violence sans précédent. Mais il n’a étonné personne…

Trois ans après avoir remporté le Tournoi de Fermeture, son 33e titre national (un record à ce niveau), River Plate a été rétrogradé en Nacional B, la Division 2 argentine. Une triste première pour le grand club de Buenos Aires. Un désastre absolu pour ses supporters qui ont laissé éclater leur colère à l’issue du barrage retour face à Belgrano (1-1), synonyme d’humiliante relégation. A quelques minutes de la fin de la rencontre, le Stade Monumental s’est déjà partiellement vidé de ses 60000 spectateurs. Il reste encore quelques hinchas, les plus virulents. Les dirigeants bandasangres ont eu beau anticipé les incidents en enrôlant 1000 gardes privés en plus des 2200 policiers, les dégâts sont considérables. Salle des trophées détériorée, équipements du stade arrachés, magasins vandalisés, plusieurs véhicules de police incendiés, au lendemain des échauffourées, le bilan matériel est lourd. Plus grave, un policier a été tué à la suite des affrontements, tandis que 89 blessés ont été pris en charge.

« Il faudrait leur couper les jambes ! »

Les joueurs auront été également pris à partie. « Il faudrait leur couper les jambes », hurlent les Barrabravas, ces hooligans à la sauce argentine. Milieu de terrain, Carlos Arano est en pleurs. J.J. Lopez, l’entraîneur, le serre dans ses bras. Daniel Passarella, qui a pris la présidence du club en 2009, fait front dans la tempête. « On va résister. Je ne partirai de là que les pieds devant. » Sa gestion est montrée du doigt. Mais le mal est profond. Le club est lourdement endetté. Ses meilleurs joueurs (Lamela, Carizzo, Pavone, Ferrari…) sont sur le départ. Pour les autres clubs argentins, la relégation de River Plate est une catastrophe. Le club de Nunez draine de nombreux supporters et des audiences importantes. La relégation d’un tel monument est un sale coup pour un football argentin exsangue et en grande difficulté financière. Même Boca Juniors, dont les fans ont pourtant fêté la descente de leur meilleur ennemi, fait la tête. Les Bosteros seront privés l’an prochain du Superclasico… La saison risque d’être forcément beaucoup plus fade.

Mehdi Djebbari