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Supercoupe d’Espagne: pourquoi elle se joue à quatre… et en Arabie saoudite?

La Supercoupe d’Espagne, qui opposait traditionnellement le champion de Liga au vainqueur de la Coupe d'Espagne, change de format en 2020. Pour donner sa chance à davantage d’équipes et étendre son pouvoir d'attraction, puisque la compétition se jouera en Arabie saoudite.

C’est une Supercoupe d’Espagne un peu particulière, dont le coup d’envoi sera donné mercredi soir (20 heures) par un alléchant Valence-Real Madrid. Pour sa 36e édition, la compétition ibérique s’est offert un petit lifting: celle-ci ne met désormais plus aux prises le vainqueur de la dernière Liga à celui de la Coupe d’Espagne, mais plutôt quatre équipes, les deux premiers du Championnat au vainqueur et au finaliste de la Coupe.

S’affronteront donc le FC Barcelone (champion de Liga et finaliste de la Coupe du Roi), l’Atlético de Madrid (son dauphin), le Real Madrid (troisième et parmi les deux équipes les mieux classées du Championnat qui ne se seraient pas qualifiées à travers la Coupe d’Espagne) et Valence (vainqueur de la Coupe), dans un format composé de deux demi-finales (8 et 9 janvier) et d’une finale (12 janvier).

"Ouvrir l’éventail de la compétition au-delà des deux ou trois mêmes clubs"

Une Supercoupe modifiée pour un format "Final Four" qui a été officialisé en avril dernier par la Fédération espagnole, dans une refonte commune avec la Coupe du Roi. Le but? Dépoussiérer une formule historiquement dominée par les gros comme le Barça (treize victoires) et le Real (dix victoires).

"Nous ferons en sorte que l’image des clubs espagnols ne soit pas circonscrite à un ou deux clubs, avait indiqué en février dernier Luis Rubiales, le président de la Fédé, au moment de sa proposition de rénovation. Cela permet d’ouvrir l’éventail de la compétition au-delà des deux ou trois mêmes clubs, vers des clubs différents qui peuvent être intéressés par cette nouvelle source de revenus." Autre fait important : tous les matchs de ce mini-tournoi se déroulent au stade Roi-Abdallah de Djeddah, en Arabie saoudite, et non sur le sol espagnol.

Une délocalisation gagnant-gagnant

Cela avait déjà été le cas lors de l’édition précédente, délocalisée à Tanger, au Maroc, afin de tenter d’accrocher un nouveau public au charme du football hispanique. Et d’étirer un peu plus la surface financière des droits TV à l’étranger de l’Espagne, dans une suite logique à la stratégie initiée par la Liga et son président Javier Tebas, qui cherche désespérément à exporter une rencontre de championnat en Amérique du nord.

Le pays du Golfe est également gagnant au moment d’organiser ce Final Four sur ses terres. A l’image de son bail de cinq ans signé pour accueillir le Dakar (jusqu’au 17 janvier), l’Arabie saoudite espère s’acheter une crédibilité sportive dans ce qui est parfois qualifié de sport washing, elle qui a déjà accueilli la Supercoupe d’Italie il y a un peu plus de deux semaines. Sont déjà programmés un tournoi de golf, le Saudi International (30 janvier-2 février), puis le Saudi Tour (4-8 février), nouvelle épreuve cycliste lancée par ASO, et enfin, le 29 février, la course hippique Saudi Cup.

Romain DAVEAU (@daveauromain)