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Taxe à 75% : L’heure de la médiation

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Renvoyés dans leurs cordes par François Hollande, les représentants du football pro rencontrent, ce mercredi, le médiateur Jean Glavany pour tenter d’obtenir des aménagements aux conditions d’application de la taxe sur les hauts revenus.

Les conflits sociaux possèdent leur propre lexique. Avec certains mots comme autant de marronniers. La négociation. La grève ou sa menace. La médiation. Et celui, un peu spécial, entre football professionnel français et le gouvernement sur la déjà célèbre taxe à 75%, la chose a déjà basculé dans la dernière phase. Ce mercredi, à 18 heures, au siège de la Fédération française (FFF), les principaux acteurs du ballon rond hexagonal vont ainsi rencontrer le député PS des Hautes-Pyrénées, Jean Glavany, médiateur sur ce dossier brûlant. Une idée avancée le week-end dernier par Frédéric Thiriez, président de la Ligue (LFP), qui va permettre aux représentants du football de négocier avec celui qui préside déjà un groupe de travail sur « le football durable ».

D’un côté, donc, Jean Glavany. De l’autre, Noël Le Graët (président de la FFF), Frédéric Thiriez, Jean-Pierre Louvel (président de l’UCPF, l’Union des Clubs Professionnels) et les présidents de club reçus à l’Elysée le 31 octobre, Vincent Labrune (Marseille), Jean-Michel Aulas (Lyon) – ces deux derniers sont annoncés mais pas certains d’y être –, Jean-Louis Triaud (Bordeaux), Michel Seydoux (Lille) et Jean-François Fortin (Caen), auxquels s’ajoute Bernard Caïazzo (Saint-Etienne) qui n’était pas présent au rendez-vous avec le président de la République. Au programme ? Après la fin de non-recevoir à leurs demandes adressée par François Hollande fin octobre, les dirigeants en ont désormais la certitude : la taxation à 75% sur les revenus supérieurs à un million d’euros sera bien appliquée au football.

Louvel : « On n'a jamais refusé de payer cette taxe »

Mais ils espèrent toujours négocier quelques aménagements dans ses conditions d’application : la non-rétroactivité (qui ferait économiser plusieurs millions aux clubs, on parle de 20 sur 44 millions, chiffre non confirmé) ou l’étalement des paiements sur trois exercices fiscaux au lieu de deux. A priori, la seconde proposition a plus de chances que la première d’être acceptée. « Le médiateur va nous permettre de voir dans quel périmètre et à quel niveau on peut trouver des solutions pour le football français et faire en sorte que cette taxe soit absorbable par ce dernier, explique Jean-Pierre Louvel. Encore une fois, on n’a jamais refusé de payer cette taxe mais il y a des aménagements à trouver par rapport aux spécificités du football. On va apporter quelques propositions et j’espère que lui aussi pourra nous en apporter propositions. »

D’autant que le choix du médiateur devrait aider. Car le dossier est toujours géré directement par le ministère du Budget de Bernard Cazeneuve et non par celui des Sports de Valérie Fourneyron. Et selon nos informations, Glavany est en lien direct avec Cazeneuve. Une réunion devrait même avoir lieu, plutôt la semaine prochaine, entre le foot professionnel et le ministre du Budget. Les présidents de clubs comptent ainsi sur Glavany pour servir d’intermédiaire même si deux d’entre eux, au moins, ont aussi des contacts directs avec Cazeneuve. De quoi espérer trouver une solution écartant la menace d’une « journée blanche » (une grève, quoi) votée le 24 octobre par les clubs professionnels (L1 et L2) pour le dernier week-end de novembre. « L’objectif est de trouver des solutions », confirme Louvel. Un comité exécutif de l’UCPF, ce jeudi, devra décider de la suite du mouvement.

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A.H. avec R.M. et J.R. et E.J.