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Aulas : « L’OM ne doit pas jouer à ce genre de choses »

Jean-Michel Aulas

Jean-Michel Aulas - -

Heureux de la qualification de son équipe pour le barrage de la Ligue des champions, Jean-Michel Aulas a surtout fait le point sur le cas Bafé Gomis dont le transfert à Newcastle a, vraisemblablement, capoté à cause de l’OM, selon le président de l’OL.

Jean-Michel, avez-vous eu peur jusqu’au bout lors de la victoire face à Zürich (1-0), ce mardi ?

Non, j’étais assez serein, je ne sais pas pourquoi. Peut-être du fait qu’on soit en position de favori du fait de notre classement UEFA. On sera aussi favori en barrage malgré la difficulté du tirage. J’ai trouvé que l’équipe a gagné en maturité. On n’a pas fait une première mi-temps d’exception avec beaucoup de balles perdues. On est resté très souvent bien groupés. On n’a pas pris trop de risques. On a géré, en équipe de haut de tableau des 15es premiers rangs UEFA, un tour préliminaire très difficile. Le Grasshopper comme Bâle représente des équipes suisses de qualité. Elles ont des qualités de maturité et d’agressivité. On a eu pas mal de blessés. Il y a eu une altercation dans la montée des vestiaires à la mi-temps. Gagner deux fois 1-0, ça veut dire qu’il y a une très grande maturité et efficacité dans cette équipe. Le mérite en revient aux joueurs et à surtout Rémi (Garde) qui, une fois de plus, a montré du professionnalisme et de la rigueur en alignant l’équipe qu’il fallait pour réussir.

Même s’il reste un barrage à disputer, êtes-vous soulagé ?

Je crois qu’on est sûr d’aller en Coupe d’Europe, au moins en Europa League. C’est la 17e fois consécutive qu’on aura le privilège de jouer une Coupe d’Europe. Il n’y a que trois autres clubs, parmi les très très grands, qui en font de même. C’est une grande satisfaction. Quelques fois, j’entends dire qu’on ne sait pas gérer les problèmes humains. Je m’élevais contre cette situation parce que quand il y a un problème entre un employeur et un joueur, la responsabilité n’est pas uniquement de l’employeur, elle est liée au fait qu’on arrive avec des contrats à terme dans le sport professionnel. Quand on est à un an du terme du contrat, il y a deux solutions : soit transfert, soit reconduction. Les agents et Bafé (Gomis) s’étaient engagés avec Bernard Lacombe (conseiller du président) à reconduire. On n’arrive pas à le faire et bizarrement, c’est le club qui a tous les défauts et qui supporte le manque de relation et de gestion humaine.

C’est-à-dire ?

On adore Bafé, c’est un garçon excellent sur le plan du football et gentil quand il fait tous les efforts diététiques et de préparation pour être au plus haut niveau. Ou il resigne ou il doit s’en aller. C’est le cinquième club qu’on lui présente et qui est d’accord avec nous mais aussi avec ce qu’il demande sur le plan de la rémunération. Il faudra alors lui proposer de rester. Mais peut-être que lorsqu’on lui proposera, il voudra partir. Mais j’ai vraiment l’impression que derrière Newcastle, il y a un autre club qui essaie de tirer les ficelles dans le mauvais sens pour que Lyon fasse une très mauvaise affaire et que Bafé imagine qu’il va pouvoir trouver mieux que ce qui lui a été proposé. J’ai la conviction que s’il ne va pas à Newcastle, la solution proposée sera beaucoup moins bonne pour lui en termes de carrière. Je souhaite que cette affaire se règle au plus tôt pour qu’on puisse retrouver la sérénité dont on a besoin dans le futur.

Lorsque vous parlez d’un autre club, s’agit-il de l’OM ?

On a déposé une plainte hier devant la commission juridique parce que des choses nous apparaissent assez étonnantes. Quand on connait le niveau de rémunération obtenu par Bafé à Newcastle, je ne suis pas certain que d’autres clubs qui ont été cités puissent avoir le même niveau de rémunération. Ça me rappelle étrangement un certain nombre d’histoires qui se sont déroulées en France il n’y a pas très longtemps. Il y a quelques années quand j’avais eu l’infortune de croiser notre joueur fétiche, Ribéry, lors de vacances, j’avais été attaqué et j’avais dû passer devant la commission juridique. Il ne faut pas jouer à ce genre de choses surtout quand on est un très grand club comme Marseille.

Considérez-vous que le transfert de Gomis ait définitivement capoté ?

Pour moi, oui. On va prendre nos dispositions pour avoir une attitude différente. Newcastle a donné un accord au joueur pour sa rémunération de 70 000 livres (environ 81 000 euros) par semaine. Ce qui est très supérieur à ce qu’il gagnait à Lyon et aussi largement supérieur à ce qu’il pourrait toucher dans d’autres clubs français sauf Monaco et Paris. Et comme ils ne sont pas intéressés, ça veut dire que les choses ne vont pas perdurer. Il reste une petite chance si un certain nombre de gens expliquent à Bafé que son avenir est de jouer rapidement dans un grand club. Newcastle n’est pas un grand club français mais un grand club franco-anglais !

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Propos recueillis par Edward Jay à Zürich