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Ben Arfa : la mise au point "chevaleresque" d’André Soulier

André Soulier, le président de la commission juridique de la LFP

André Soulier, le président de la commission juridique de la LFP - AFP

EXCLU RMC SPORT. André Soulier, le président de la commission juridique de la LFP, était l’invité de Luis Attaque ce mercredi sur RMC. Avec quelques références dignes de romans de cape et d’épée, Il s’est défendu d’avoir été influencé sur le dossier d’Hatem Ben Arfa, qui ne peut pas jouer pour Nice pour l’instant en raison d’un match joué avec les U21 de Newcastle.

La situation de Ben Arfa

« C’est extrêmement simple. Il y a un règlement qui interdit de jouer pour plus de deux clubs au cours de la même saison. Lorsqu’Hatem Ben Arfa, pour lequel j’ai la plus grande considération en tant que joueur, a souhaité venir en France, il a fallu lui accorder son bon de sortie. A partir de là, nous sommes en présence de deux thèses. La lettre de quatre lignes que la Fédération anglaise a adressée à la Fédération française comporte deux conditionnels. Ce ‘‘serait’’ un match qui ne ‘‘serait’’ pas un match de compétition. ‘‘Should’’. On voudrait faire dire à cette lettre ce qu’elle ne dit pas. C’est un règlement FIFA. La décalcomanie est totale dans les règlements français.

Donc nous avons décidé d’interroger la FIFA. Et la FIFA dit, par ses services juridiques : ‘‘Pas du tout. Cette compétition est inscrite dans un calendrier. Elle est organisée. Par conséquent, nous devons tenir ce match pour un match comptant pour la saison.’’ Nous nous trouvons donc en présence de deux thèses, l’une conditionnelle de la part des Anglais et l’autre, venant des services juridiques de la FIFA. Que nous dit l’avocat d’Hatem Ben Arfa ? Que la FIFA a dit que c’était ‘‘à titre informatif’’. Il faut lever cette hypothèque. Nous avons décidé de demander à la FIFA et sa commission du statut du joueur : ‘‘Voulez-vous nous dire catégoriquement, oui ou non, ce qu’il en est ?’’

Les accusations de décision influencée

« Je ne suis payé par personne. De mes deniers, je sacrifie à une passion qui n’a fait de moi qu’un modeste champion du Lyonnais, en juniors. C’est une billevesée ! Personne n’ose faire ça à mon égard. Si vous trouvez quelqu’un qui dit ça, nous allons en débattre, sinon sur le pré puisque ça ne se fait plus, mais devant la 17e chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris. Je ne suis pas l’avocat de la Ligue. Je suis quelqu’un de bénévole, auquel on veut bien rembourser le prix de son train Lyon-Paris et Paris-Lyon. Je ne suis ni salarié, ni dépendant. Personne ne me dicte ce que doit être mon comportement, qui est seulement en conscience et en fonction des textes. »

La durée de réflexion

« Qu’est-ce que c’est cette histoire qui consiste à dire qu’on ne peut pas prendre 15 jours ou trois semaines pour savoir si, oui ou non, un texte est applicable. Ça fait dix jours. (…) Demandez à la FIFA de se prononcer rapidement ! Ce que j’ai fait ce matin (mercredi), à travers la FFF, en demandant à M.Valcke (secrétaire général de la FIFA, ndlr) que la commission du joueur statue le plus vite possible. Si j’ai la réponse mardi, nous statuerons dans la semaine et M.Ben Arfa saura s’il peut jouer à Nice ou non. »

Le précédent cas avec Ben Arfa

« J’ai quelque chose sur le cœur. En 2010, il y a un conflit violent entre Hatem Ben Arfa, l’OL et l’OM. Six heures de réunion de la commission juridique. Et c’est moi, avec l’appui de quelques commissaires, qui ai réussi à obtenir qu’Hatem aille signer à Marseille. J’ai tout fait pour ce garçon ! Il aurait pu être mon fils. Je serais fier qu’il soit mon fils, à la condition qu’il obéisse. »

Ses propos sur Ben Arfa et les chômeurs

(André Soulier a déclaré mardi au sujet d’Hatem Ben Arfa : « Je pense qu’il a les moyens de subvenir à ses besoins pendant cette période de ''chômage''. (…) Je voudrais que tous les chômeurs de France aient un contrat en poche. »)

« Et Hollande serait réélu avec 94% des voix ! Je réponds que j’ai aidé Hatem, que je ne le regrette pas. Il y a une phrase d’Épictète. Ça remonte à plus de 20 siècles. « Si tu le veux, injurie. Mais si tu y tiens, d’abord, lis. » S’ils lisent la décision que nous avons rendue, ils sont incapables de dire aujourd’hui si nous répondrons oui ou non. Par conséquent, si jamais la commission répondait oui, je souhaiterais recevoir les excuses de tous ceux qui ont pensé nous statuions sous influence, comme d’autres sous hypnose, ou parce que nous aurions une animosité particulière à l’égard de quelqu’un. »

Son message pour Ben Arfa

« Je veux lui dire que s’il se veut un joueur de classe mondiale, il doit savoir qu’en ces temps de vérité économique, de loyauté des compétitions, de peur des paris, nous avons besoin de règles qui soient uniques et transparentes pour l’ensemble du monde. Quand on est footballeur, on ne peut pas avoir simplement la réglementation de Bécon les bruyères ou de Pleumeur-Bodou. »