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Cris, le blues du Policier

Cris

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Après huit ans de très bons et loyaux services, le défenseur brésilien quitte l’OL pour Galatasaray. Un départ douloureux et en catimini pour Cris, une des figures du grand Lyon du milieu des années 2000.

« Pas trop de questions, hein… » Cris ne voulait pas parler, mais, sympa comme à son habitude, il est sorti de son Audi grise, la couleur du ciel sur Lyon, et de son vague à l’âme. « Le Policier » s’est exprimé après avoir vidé son vestiaire mardi matin. Dans la soirée, il sera à Istanbul. Galatasaray, pour un an reconductible et « une nouvelle page, un nouveau challenge », comme il dit. A Tola Vologe, le Brésilien de 35 ans, dont huit passés à l’Olympique Lyonnais, a salué ses partenaires dans un vestiaire clairsemé. Sans les internationaux, mais avec le Barcelonais Eric Abidal, qui se refait une santé sur les bords de la Saône et du Rhône après son opération. Le Policier aux quatre titres de champion, deux coupes de France et deux Trophées des champions, a du mal à parler.

« Je suis content, et je suis triste. Je quitte un club où j’ai passé huit ans, j’y ai vécu de belles choses, il y a eu cette proposition, intéressante pour moi et pour l’OL, mais bien sûr que je voulais finir ma carrière à Lyon. » Mais la crise est passée par là, et Jean-Michel Aulas a vendu les « dinosaures ». Allègement de la masse salariale. OL Land en jachère. Cris et son salaire à 300 000 euros... « J’ai discuté avec le président, c’est passé », assure-t-il. Pilule amère même si le club lui ouvre la porte à un retour, comme Juninho avant lui, pour une reconversion. Et rejoindre peut-être, celui qui a compté à l’OL, Bernard Lacombe, le conseiller du patron, le fin limier dénicheur de talents. « C’est mon papi, on se parlait tous les jours. »

A Galatasaray, il retrouvera... Elmander

En Turquie, il n’y aura pas de nounou, mais Claudio Taffarel, l’entraîneur des gardiens, Milan Baros, son ancien coéquipier, ou encore Johan Elmander, l’ex-capitaine de Toulouse, qui l’envoya à l’infirmerie six mois durant en 2007. L’imprenable défenseur du milieu des années 2000 n’aura pas de tournée d’adieux, comme Hugo Lloris, le week-end dernier à Gerland. « On n’a pas eu le temps, mais ça se fera peut-être plus tard, peut-être dans le nouveau stade... » A défaut de sortie par la grande porte, Cris gardera de grands souvenirs. « Les deux matches contre le Real à Gerland (3-0 en 2005, 2-0 en 2006), on était très concentrés, c’était fantastique. » Il remercie Lyon de lui avoir permis de retrouver en 2006 la Selecao (27 sélections), lors des éliminatoires à la Coupe du monde en Allemagne. L’OL a salué un joueur qui « aura marqué l’histoire du club », « très apprécié des supporteurs ». Quelques « Cris, Cris, Cris ! » l’ont accueilli mardi matin. Le départ d’un grand de l’OL en catimini.

Louis Chenaille (avec E.J. à Lyon)