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Riolo : « Bale, la folie et la raison… »

Daniel Riolo

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Daniel Riolo, membre de la Dream Team RMC Sport, analyse la fin du Mercato qui agite les grands clubs européens à coups de billets et de démonstration de force. Avec en fil rouge, le dossier Gareth Bale.

Falcao, Cavani et maintenant Bale, en attendant Rooney peut-être, et pourquoi pas Benzema. Le « fair-play » financier, la crise, devaient calmer les portefeuilles, mais on assiste pourtant au mercato le plus agité de ces dernières années. La crise devait pousser à la décence. Souvenez-vous en juin au Brésil, ces manifestations qui envoyaient le message du trop d’argent dans le foot. Dans le même temps, les stades de la Coupe des Confédérations étaient pleins et aujourd’hui les places pour le Mondial 2014 partent comme des petits pains. Le foot est toujours une affaire de contradictions.

Le foot raisonnable, ce n’est pas pour maintenant donc. D’ailleurs il suffit de voir ce qu’il se passe à Arsenal. Au service compta, Micheline est radieuse. La raison l’emporte, toujours. Sauf que les supporters en ont marre. Ils veulent de la folie. Ils veulent qu’on claque l’oseille. Ils ne veulent plus de cette gestion de bon père de famille. Le Volvo Break et la pelouse du pavillon bien tondue, ça va deux minutes. Eux aussi ont des envies, des désirs. Le foot sans folie n’a pas le même goût.

Naïvement certains pensaient peut-être que ça ne marchait plus d’en mettre plein la vue au monde. Ce mercato indique le contraire. Aux nouveaux riches PSG et Monaco, Florentino Perez le boss du Real vient de répondre avec un chèque d’environ 100 millions pour Gareth Bale. Mais pour se la jouer un brin raisonnable, Perez a envoyé un joueur à Tottenham pour porter la mallette, Coentrao. Un prétexte. Ça m’a fait penser à une scène très drôle du film « Broadway Dany Rose » de Woody Allen. Lors d’une fête, deux gros mafieux se disputent au bord d’une piscine. Ils sont tellement repus de fric qu’ils veulent montrer que l’argent n’a plus de valeur pour eux. Ils se balancent des billets à la tronche : « C’est quoi 100$ Tony hein ? Rien du tout, je jette » … « Ah oui, et 200$, c’est quoi Vito ? C’est rien, tiens je jette » … « Et bien moi je te donne 300$ »… Evidemment ça devient une question d’honneur, et ça finit mal…

« En 2011, Cabaye veut quitter Lille. En France, personne ne bouge. »

J’imagine Florentino Perez et Daniel Levy le boss des Spurs : « Eh Dany, tu vas me le lâcher ton Bale qu’il vienne faire son trou chez moi » … « Que dalle à moins de 100 millions et tu me files ta Portugaise décolorée ! » … « Ah oui, bah écoute moi bien, non seulement je te file ton blé, mais en plus je dégage Benzema et Di Maria et je les refourgue pour une bouchée de pain à la famille de Don Wenger »… Affront suprême pour le clan Spurs qui aspire à prendre le contrôle de Londres.

Tiens à Londres justement, à Chelsea, les billets ne volent plus comme il y a 10 ans. Mais devant l’agitation qui règne au nord de la ville, on va peut-être occuper le terrain et lâcher quelques millions pour Rooney. Il s’agit aussi de ne pas passer pour des traîne-patins et pour Abramovitch de ne pas laisser sa danseuse à poil…

La folie est contagieuse et le prix des joueurs toujours aussi insaisissable. Lors de l’été 2011, Cabaye veut quitter Lille. En France, personne ne bouge. C’est cher Cabaye, un luxe qui tourne autour de 6 millions. Lui aime le PSG, mais Paris n’a pas encore le sous qataris. Cabaye file à Newcastle, faute de mieux. Trois ans plus tard, on parle de négociations impliquant le PSG et Arsenal autour de 20 millions pour le même joueur. Deux saisons dans un club en bois et son prix explose ? Si quelqu’un comprend… je prends.

Il reste un peu plus de 10 jours de mercato. 10 jours pour observer de près la folie. Pour voir des Chantôme qui quitte le PSG ou il venait de faire 26 matches de L1 et 6 de LDC pour aller moisir à Toulouse !!! Une histoire de temps de jeu il paraît. 10 jours pour constater qu’un choix de carrière est difficile. Dans l’Equipe, Chamakh en parle. Il avait quitté Bordeaux en star de la L1 en 2010. Puis Arsenal et depuis, plus rien surtout. Il signe aujourd’hui dans le petit club de Crystal Palace et déclare : « ça ne s’est pas forcément passé comme je le voulais »… On ne sait pas trop ce que signifie le « forcément » dans la phrase.

Chamakh veut en tout cas être raisonnable à présent. La raison après la folie. C’est un peu l’histoire du foot. Marier les deux, réussir le cocktail. Le problème, c’est de savoir quel ingrédient mettre en premier.

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