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Trezeguet lâche l’affaire

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Le maintien de Raymond Domenech acquis, David Trezeguet n’a pas tardé à annoncer sa retraite internationale. Une décision entendue mais surtout attendue d’avance.

Domenech critiqué. Domenech raillé par la France entière. Mais Domenech maintenu. Il n’en fallait pas plus pour provoquer des réactions épidermiques dans l’Hexagone. Certains, le grand public notamment, sont allés déballer leur ressentiment par la voie de l’écrit. D’autres ont choisi des méthodes plus radicales. C’est le cas de David Trezeguet.

En annonçant sa retraite internationale, le buteur tricolore de la Juventus de Turin a tout simplement mis un point final à une longue histoire d’inimitié entre lui et le sélectionneur de l’équipe de France. Un clap définitif aussi sec que prévisible. Logique en somme lorsque l’on sait que l’ancien Monégasque n’avait plus porté le maillot de son pays depuis mars 2008 et un certain match amical remporté face à l’Angleterre. Un match sans saveur, joué dans des conditions forcément à la limite de l’irrespect pour ce champion du monde 1998... Karim Benzema blessé, David Trezeguet avait en effet été appelé à la rescousse, en guise de cinquième roue du carrosse presque, loin derrière Djibril Cissé, Jimmy Briand et Florent Sinama-Pongolle, tous prioritaires dans la tête de Raymond Domenech.

Une rencontre sans brillant donc, malgré la victoire au bout (1-0). 90 pauvres minutes qui signeront définitivement les derniers instants de Trezegol en bleu, faisant écho à son ultime apparition en match officiel lors d’une défaite en éliminatoires de l’Euro au Parc des Princes face à l’Ecosse (0-1). Le maillot bleu, pourtant, le meilleur buteur 2002 du championnat d’Italie l’aura défendu. Chez lui, en France, son pays d’attache et d’adoption, lors du Mondial 1998. En Belgique et aux Pays-Bas, deux ans plus tard, en arrachant au bout de la nuit le championnat d’Europe pour les siens. Carte de visite impressionnante pour certains. Insuffisante pour un homme cependant. Et pas n’importe lequel.

Un schéma de jeu éliminatoire pour lui

Très vite, les relations deviennent compliquées entre les deux hommes. Echange de textos, phrases assassines pour l’un dans les colonnes des journaux spécialisés, silence de l’autre en guise d’unique réponse : la partie de « je t’aime, toi non plus » peut commencer. Trezeguet, sûr de lui, une de ses forces assurément et peu usuel de la langue de bois, parle pour faire bouger les choses, lui qui n’aura quasiment goûté que le banc lors du Mondial 2006 et eu «l'audace» de manquer son tir au but en finale, face à l'Italie. Attendra également une réponse, une explication de la part du sélectionneur. Cette dernière ne viendra jamais car, il ne faut pas se leurrer, ce ne sont pas les maigres propos de Domenech lors de l’annonce de la liste des 30 puis des 23 pour l’Euro à son sujet qui changera quelque chose. Tout le monde l’avait compris depuis bien longtemps. Seul le joueur avait un secret espoir. Celui d’un hypothétique rappel, en guise d’hommage aux services rendus à la nation.

Un souhait doublé d’un rêve. Celui d’un possible licenciement de Domenech en cas d’échec en Suisse et en Autriche. Son désir a manqué de se matérialiser… mais le conseil fédéral de la Fédération Française de Football en a décidé autrement. « Le mauvais Euro et la confirmation du sélectionneur m'ont poussé à prendre cette décision irréversible. L'Euro a été très négatif, mais ce qui m'a le plus ennuyé, c'est la confirmation de Domenech. Dans ces moments, les décisions qui sont prises sont plus politiques que footballistiques, et l'opinion publique, qui m'était favorable, n'a pas été respectée ».

Ces propos ne souffrent aucune contestation. Celui qui a inscrit 34 buts en 71 sélections et fait trembler à 20 reprises les filets du Calcio, a raison de penser avoir mérité cet Euro. Buteur de surface, égoïste balle au pied, finisseur hors-pair dans les 18 derniers mètres, son profil, tant écarté par Raymond Domenech dans ses schémas tactiques depuis sa prise de fonctions, aurait fait du bien à des Bleus au jeu bancal et plus écarté qu’axial lors de la compétition austro-suisse. Désormais, l’équipe de France et sa politique désormais prônée, parait-il, vers l’offensive, va s’avancer sans ce renard des surfaces dans ses bagages. Domenech, dans cette optique, se prive d’une belle option… Mais ceci est déjà une autre histoire. A 30 ans, David Trezezguet a décidé de tourner la page et d’en écrire une autre. Sans les Bleus.

La rédaction - Alix Dulac