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Vestiaire séparé pour les joueurs noirs, insultes racistes... l'enfer vécu par les joueurs de Crawley Town

John Yems sur le banc de Crawley Town

John Yems sur le banc de Crawley Town - AFP

Selon des informations révélées par le Daily Mail, John Yems, ex-entraîneur de Crawley Town et désormais suspendu, est accusé d'avoir installé la ségrégation raciale au sein de son vestiaire, imposant notamment à ses joueurs blancs de ne pas se changer avec les autres, et en traitant les Asiatiques de "kamikazes". La FA a ouvert une enquête sur cet homme de 62 ans.

L'entraîneur de Crawley Town, en League Two, John Yems, a été suspendu après avoir été accusé de mettre en place de la ségrégation raciale au sein de son vestiaire. L'homme de 62 ans aurait proféré des insultes racistes à l'encontre de ses propres joueurs, les traitant notamment "kamikaze" et "guerrier zoulou", et imposé aux joueurs noirs de se changer dans un vestiaire différent. Une enquête a été ouverte par la Football Association.

"Ne vous changez pas dans la salle des garçons noirs"

Une information révélée par Sportsmail, qui avait déjà appris le mois dernier que la FA avait ouvert une enquête sur la conduite de Yems après qu'un groupe de joueurs de Crawley avait signalé des insultes. L'homme de 62 ans, avait été suspendu dans la foulée par les propriétaires américains de Crawley, lui demandant de quitter l'hôtel de l'équipe à Mansfield à 1h30 du matin avant un match plus tard dans la journée.

Selon les nouvelles informations du Daily Mail, John Yems aurait en fait mis en place des vestiaires différents au centre d'entraînement, avec des commentaires tels que "Ne vous changez pas dans la salle des garçons noirs" adressés aux joueurs blancs. Il qualifiait fréquemment un certain nombre de joueurs de l'équipe d'origine asiatique de "terroristes, kamikazes et mangeurs de curry". Il aurait aussi particulièrement ciblé un joueur de l'équipe jeune, le désignant comme "kamikaze" et lui indiquant de ne pas prendre le train avec un sac à dos car les ses coéquipiers penseraient qu'il a l'intention de le faire exploser.

Une dénonciation d'au-moins sept joueurs auprès du syndicat

Dans une liste -assez longue - le média anglais explique que John Yems utilisait régulièrement le mot "negro", qualifiait un joueur noir de "guerrier zoulou", se moquait d'un jeune joueur d'origine chypriote et de la musique grecque qu'il écoutait ou encore avait exclu deux joueurs issus de minorités ethniques de l'entraînement sans explication. Au total, près de sept joueurs se sont plaints au syndicat des joueurs le mois dernier, et au moins l'un d'entre eux a consulté un psychologue en raison des dommages causés par le manager à sa santé mentale.

Une enquête interne a été ouverte pour comprendre ce qu'il s'est passé,et plusieurs joueurs auraient été en larmes au moment de raconter les faits aux dirigeants de Crawley, croit savoir Sportsmail. Et ceux-là racontent que cette situation dure depuis 2020-2021. "Personne ne l'a interpellé à ce sujet car c'est lui le chef et nous ne nous sentions pas capables de le faire", raconte au journal l'un des joueurs.

Un membre du staff raconte qu'en plus d'avoir viré deux joueurs issus de minorités sans explication, il entretenait cette omerta, qui retenait bon nombre de joueurs qui n'osaient pas se plaindre: "Ce ne sont pas des joueurs de Premier League - ils ne sont qu'à une seule erreur avec le manager d'être expulsés du club et probablement d'être exclus du secteur professionnel. Si vous quittez Crawley, où allez-vous?"

Une enquête de la FA et du club

Après ses investigations en interne, Crawley a décrit les allégations comme "sérieuses et crédibles". L'affaire est maintenant entre les mains du département disciplinaire de la FA, qui décide s'il faut accuser Yems d'une violation de la règle E3, qui interdit la discrimination contre les caractéristiques protégées d'un autre individu telles que la race, la couleur, la religion, l'orientation sexuelle ou le handicap. Un porte-parole de la FA a déclaré au Sportsmail la nuit dernière: "Nous traitons les allégations extrêmement sérieusement et nous menons une enquête. Nous ne pouvons pas faire de commentaires tant que celle-ci n'est pas terminée".

Depuis la suspension de John Yems, Crawley a perdu ses trois matches et certains fans ont scandé "We want our Yems back" (Nous voulons que Yems revienne) lors de la défaite 2-0 à domicile contre Leyton Orient.

par Anna Carreau