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Vignobles et bonnes bouteilles, l’autre terrain de jeu de Triaud

Jean-Louis Triaud

Jean-Louis Triaud - AFP

Jean-Louis Triaud occupe le poste de président de Bordeaux depuis 18 ans. En qualité de bénévole. Mais le vrai métier du boss des Girondins (qui se déplacent ce vendredi soir à Reims), c’est viticulteur. Le dirigeant de 64 ans possède plusieurs vignobles de prestige dans le Médoc. RMC Sport a poussé leurs portes.

Louis Nicollin est à la tête d’une entreprise qui gère le ramassage des ordures. Jean-Michel Aulas a monté sa société informatique. Olivier Sadran s’occupe d’une boite spécialisée dans la restauration aérienne. Dans leur grande majorité, les présidents de Ligue 1 sont des hommes à la double casquette. Passionné de ballon rond et souvent entrepreneurs dans l’âme. Jean-Louis Triaud n’échappe pas à la règle. Hors des terrains du Haillan, le boss des Girondins de Bordeaux, qui œuvre en qualité de bénévole, est en fait viticulteur. Une activité qu’il exerce depuis plus de 40 ans dans le Médoc, une terre reconnue mondialement pour la qualité de ses vignes.

« La viticulture, c’est mon vrai métier, c’est ma vie, c’est l’avenir de ma famille, explique le dirigeant de 64 ans, qui travaille avec son épouse, Françoise, et ses enfants, Vanessa et Jean. C’est quelque chose de capital dans ma vie. Le foot, c’est supposé être un plaisir, je dis supposé parce que ce n’est pas toujours le cas. Même si je le fais avec autant de sérieux et d’application que mon métier, ça ne reste que du sport. » Un sport qui use la santé du natif de Bordeaux depuis maintenant 18 ans. Les lendemains de match, c’est à Beychevelle, un petit village à une quarantaine de kilomètres de la cité aquitaine, que Triaud vient se ressourcer. Au cœur de son terroir de prestige. A deux pas de Margaux.

600 000 bouteilles par an

C’est ici qu’il dirige les domaines Henri Martin, du nom de son beau-père, décédé en 1991, dont le buste trône à l’entrée de la commune. Ses 105 hectares de vignobles comprennent deux châteaux, Gloria et Saint-Pierre, en appellation Saint-Julien, et un autre, Bel Air, en cru bourgeois Haut-Medoc. Une bouteille géante dressée entre deux grappes de raisin indique le début de la propriété. « Comme au football, on veut battre nos concurrents », explique Triaud, clope au bec et barbe de trois jours.

« On essaye toujours d’avoir des meilleures notes de dégustation chez les critiques professionnels, pour améliorer notre niveau et surtout être mieux que le voisin. La compétition est peut-être plus amicale dans la viticulture parce qu’ici tout le monde est bon, on est dans un territoire privilégié. Tous les châteaux du coin jouent la Champion’s League ! » Une C1 viticole au sein de laquelle Triaud fait bonne figure. Ses domaines produisent environ 600 000 bouteilles par an. De quoi assurer un avenir florissant aux siens. Et régaler de temps en temps ses joueurs dans les vestiaires de Chaban-Delmas…

Avec Olivier Schwarz, à Beychevelle

https://twitter.com/AlexJaquin Alexandre Jaquin Rédacteur