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Augusta, le géant vert

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A la sortie de l’hiver, la carte postale se dresse comme une idylle paradisiaque entre ciel et terre. Le Masters d’Augusta, première levée du Grand Chelem de golf, est une épreuve hors du temps disputée sur un des plus beaux parcours au monde.

Le temps semble se figer à l’entrée de l’enceinte du golf, le long de Washington Road, à quelques encablures des steack house de la ville. Une autre époque. Un autre siècle. Augusta se mérite. Havre de paix à deux heures de route à l’Est d’Atlanta, au cœur de la Géorgie sécessionniste du XIXe siècle, l’endroit, chargé d’histoire, ne déroge pas à la règle. Charlie Sifford vainqueur dans les années 50 d’un improbable « Negro Open » et Lee Elder, premier homme de couleur invité à disputer le Masters en 1975, ont débroussaillé le terrain. Et pour cause. « Augusta National » accueille le premier membre noir de son histoire en 1991. Dépucelée par Jesse Owens, l’Amérique des « red necks » a vu émerger pendant ce temps là Carl Lewis ou Magic Johnson. Woods, lui, jette un pavé dans la marre d’un monde très feutré où l’ombre des Wasp n’est jamais très loin. Impossible de jouer sur ce parcours sans être coopté, recommandé, blanc et, évidemment, très riche.

Manucuré depuis des décennies, le tracé est indomptable. Ou presque. La douceur des azalées joue en trompe l’œil. Les arbres centenaires tissent leurs tentacules et les greens patinoires obligent à un sang froid hors pair. Putter à Augusta s’apparente à un triple axel. Inauguré en 1932, le parcours a été allongé. Logique. La force de frappe des ténors du circuit impose un nouveau tracé. La victoire de Tiger Woods en 1997 avec 12 coups d’avance a été le détonateur aux yeux des doyens du club house et de la PGA américaine. Cela n’a pas changé grand-chose. Woods est chez lui à Augusta. Le numéro trois mondial a déjà le radar sur orbite. En ligne de mire, une cinquième couronne à Augusta.

Miss Augusta et bière light

Le Masters porte bien son nom. Tournoi des maîtres par excellence au cœur d’une cité qui lui sied à merveille. Le cœur d’Augusta bat pour « son » tournoi. Partout. 24h/24 pendant une semaine. Des tournois de putting sont organisés à l’ombre des comptoirs de bar, Miss Augusta ballade ses atouts entre deux tours et le merchandising bat son plein. A l’Américaine. Entre « goodies » et bières light, certaines places s’adjugent pour la journée à 1500 dollars au marché noir. D’ailleurs, il n’existe pas d’autre moyen de s’en procurer pour toute la semaine. Car le Masters ne s’étale pas du jeudi au dimanche comme tout tournoi qui se respecte mais bel et bien du lundi au dimanche. Sept jours de folie pure. Impossible ici de trouver des places pour le lundi ou le mardi, journées d’entraînement. Le mercredi, place au « Par 3 contest », immuable et familial. On y voit les enfants des joueurs engagés porter les sacs de leurs papas de joueurs. Ultime moment de détente avant un tourbillon de quatre jours, voire deux si le couperet du « cut » s’en mêle. Tel est le prix de la veste verte.

Le titre de l'encadré ici

La fiche technique|||

75e Masters
Augusta, Georgie (Etats-Unis)
7-10 avril 2011
6700 mètres / Par 72

Vainqueur 2010 : Phil Mickelson
Dotation totale : 7,5 millions $

Principaux engagés : Woods (USA), Havret (FRA), Singh (FID), Donald (ANG), Kaymer (ALL), Kim (USA), Casey (ANG), Scott (AUS), Westwood (ANG).

Trou n°11 (White Dogwood) / Par 4 - 452 mètres
L’Amen Corner débute ici sur ce long par 4, exposé au vent. Deuxième coup en descente vers un green bien défendu par un obstacle d’eau artificiel depuis 1950. Ce trou a été rendu célèbre par le chip de Larry Mize en 1987. L’Américain s’adjugeait ainsi le tournoi en play-off au détriment de Greg Norman.

Trou n°12 (Golden Bell) / Par 3 – 141 mètres
Le choix du club est fondamental en raison de vents tourbillonnants. Le plus petit par 3 d’Augusta est situé au fond du parcours. Dans un coude. Trois bunkers bien placés obligent à toucher le green du premier coup. La perte du tournoi s’est souvent dessiné ici.

Trou n°13 (Azalée) / Par 5 – 458 mètres
Ce par 5 peut être touché en deux coups à condition de placer le drive sur la moitié droite du fairway. Quatre bunkers protègent le green derrière. Devant, le Rae Creek veille. 1600 azalées s’étendent du départ au green.

C.Co.