RMC Sport

Golf – Le mystérieux phénomène Dubuisson

Augusta - Victor Dubuisson

Augusta - Victor Dubuisson - -

A bientôt 24 ans, le Français Victor Dubuisson est le nouveau phénomène du golf international. Alors qu’il va disputer jusqu’à dimanche son premier majeur, le Masters d’Augusta, sa personnalité atypique interpelle et fascine. Portrait d’un prodige qui n’a pas fini de faire parler de lui.

Si le golf est un sport encore relativement confidentiel en France, un jeune homme pourrait bien le faire basculer dans toute autre dimension. Déjà bien connu des passionnés, Victor Dubuisson, 24 ans dans moins de quinze jours, est la nouvelle petite perle du golf international à l’assaut de son premier majeur, le prestigieux Masters d’Augusta (en Géorgie jusqu’à dimanche). Ce Cannois de naissance, (résidant d’Andorre depuis 2010) est le 9e français à briguer la fameuse veste verte, le trophée remis au vainqueur du premier majeur de l’année.

Outre-Atlantique, le prodige est attendu. Depuis qu’il a atteint la finale des Championnats du monde de match-play au mois de février (défaite contre l’Australien Jason Day), Dubuisson a changé de statut. Il a aussi hérité d’un nouveau surnom, « Cactus Boy », en référence à ce coup génial et supposé injouable au pied d’une plante épineuse. « Je n’avais pas vu autant de magie dans le “petit jeu” depuis le grand Seve », tweete alors Rory McIlroy, ex-numéro 1 mondial en référence à Severiano Ballesteros, star du golf dans les années 80. Cette performance fascine les Etats-Unis qui tombent sous le charme de ce blondinet à barbichette aux faux-airs de Brad Pitt

Levet : « C'est une machine de guerre »

Depuis, les salles de conférence de presse affichent complets lorsque le neveu d’Hervé Dubuisson, ex-star du basket français, se présente devant les médias. Ces derniers aimeraient tellement en savoir plus sur celui qui a remporté son premier grand succès en novembre dernier en Turquie, sur le circuit européen, devant Tiger Woods & Co. Ils resteront tous sur leur faim. Car Victor « On the Buch » n’est pas un grand bavard. C’est peu dire que l’homme est secret. 

Même s’il est un poil plus loquace avec les médias US qu’avec les médias hexagonaux qu’il n’apprécie guère, il botte en touche dès qu’on l’interroge sur son enfance ou sa vie privée. Rare sont les personnes capables de percer sa carapace. L’homme est un solitaire. Lorsqu’un journaliste lui demande s’il a pratiqué d’autres sports durant son enfance, Dubuisson répond : « J’aimais jouer au basket, mais je préfère garder le contrôle sur ce que je fais. Le basket, c’était super, mais je n’aime pas dépendre des autres. »

« Une machine de guerre »

Thomas Levet, vainqueur de l’Open de France en 2011, lui a déjà dit que parler aux journalistes faisait partie du métier. « Mais c’est un exercice difficile pour lui, poursuit le golfeur français tout restant admiratif face à autant de talent et de précocité : « Victor est un joueur très déterminé pour aller le plus haut possible. Il n’a peur ni de perdre, ni de gagner. Ça en fait une machine de guerre. Il est hyper têtu, c’est le caractère des plus grands champions. Il a pleins de petits défauts qu’il va minimiser au cours de sa carrière pour devenir un grand joueur. Etre compétitif dans un majeur est le prochain pas dans sa carrière. Il a les qualités pour nous en gagner un. » Dès ce week-end ?

Aurélien Brossier avec RM