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Les Etats-Unis, le pays où le golf est roi

Le golf déchaîne les passions aux Etats-Unis comme ici à Ponte Vedra

Le golf déchaîne les passions aux Etats-Unis comme ici à Ponte Vedra - -

L’US Open, deuxième tournoi du Grand Chelem de l’année, débute aujourd’hui sur le tracé de Bethpage situé au cœur de la presqu’île de Long Island à quelques longueurs de drive de Manhattan. Coup de projecteur en marge du tournoi sur le business ultra florissant de ce sport Roi aux Etats-Unis.

La scène se déroule à Medinah, charmante petite bourgade située dans la banlieue ouest de Chicago, à quelques longueurs de drive de la Trump Tower. Nous sommes en août 1999. Les images de Jean Van de Velde mollets au vent dans le ruisseau de Carnoustie viennent de faire le tour du monde. Deuxième du British Open, le Montois se voit ouvrir les portes de l’USPGA, quatrième levée du Grand Chelem, dans l’Illinois. Les portes de la gloire. Fox Sports, Golf Channel et CNN, soit trois des principaux « networks » américains se ruent sur VDV la bête curieuse, risée des Anglo-Saxons. L’histoire est trop belle et fait rêver les « Rednecks » locaux. Les journalistes français, eux, se comptent sur les doigts de la main. Normal, à cette époque, la petite balle blanche est peu « bankable » en France malgré l’éclosion de la météorite Tiger Woods.

Des gains records

37 millions d’Américains, soit la population de l’Espagne, avouent jouer au golf au moins une fois par semaine contre un demi million en France. Les revenus liés à ce sport atteignent les 80 milliards de dollars et les tournois sur le sol US génèrent 954 millions de dollars de chiffre d’affaire. Vertigineux. L’US Open qui débute aujourd’hui sur le « Black Course » de Bethpage, tout proche de Long Island, est presque deux fois mieux doté que l’Open de France, pourtant sur le podium des épreuves les mieux garnies d’Europe. S’il n’a jamais disputé l’US Open, Raphaël Jacquelin a déjà joué l’USPGA à deux reprises outre Atlantique. Le Lyonnais mesure l’océan qui sépare la ferveur américaine des club-house français : « C’est un pays qui vit et respire golf. A l’entrée du parcours de Bethpage, les gens passent la nuit dans leur voiture pour avoir les meilleurs départs le lendemain matin. Je ne pense pas que certaines personnes en fassent de même en France au Golf National par exemple… » C’est sûr. Installée en Floride depuis quelques années aux côtés de son mari Thomas, Caroline Levet abonde dans ce sens : « Ici, il y a seize parcours autour de la maison sur trois kilomètres à la ronde, nous explique l’épouse du numéro un français. Bienvenue dans un autre monde…»

Charles Barkley star du golf

Dans cinq états - Floride, Californie, Arizona et les deux Caroline - le golf détrône même le football américain, le basketball et le baseball. Hors périodes de finales NBA ou de Superbowl, le golf atteint parfois des audiences astronomiques de l’ordre de 80% de parts de marché. Depuis janvier 1995, Golf Channel abreuve les foyers US 24h/24h des épreuves PGA sillonnant les principaux circuits de la planète (Asie, Europe, Etats-Unis). Charles Barkley y tient même son show hebdomadaire où on voit le swing de l’ancien MVP des Phoenix Suns torturé sans merci par Hank Haney, gourou de ces Messieurs du Tour Américain. La demi heure Barkley rassemble plus de téléspectateurs que certains directs du PGA Tour le dimanche après-midi…

Du golf made in USA vendu sur toute la planète

Les Américains savent se vendre. Ce n’est pas nouveau. Diffusées sur 70 chaînes de télévision dans 35 langues différentes et captées par 500 millions de foyers dans 209 pays autour de la planète, les images du circuit américain servent de vecteur dans une industrie particulièrement florissante. Chaque tournoi du circuit US a son sponsor. De l’industrie automobile aux groupes pétroliers en passant par les fabricants de tracteurs, l’appât du profit a attiré les plus grandes multinationales américaines. La très vénérable et totalement monopolistique PGA – « Professionnal Golfers Association » - contrôle tout ce qui touche de près ou de loin à Tiger Woods, la poule aux œufs d’or. La moindre pseudo rumeur de dopage est étouffée avant même qu’elle n’ait le temps d’enfler comme l’année dernière à la même époque à l’issue de l’US Open justement. Il n’en était rien, Woods passait sur le billard pour un genou plus que récalcitrant. Que la PGA se rassure cette semaine, le numéro un mondial, tenant du titre à l’US Open, s’est imposé ici même à Bethpage en 2002…

La rédaction - Christophe Couvrat à New-York