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Ryder Cup : Les raisons du succès français

Ryder Cup 2018

Ryder Cup 2018 - -

Le golf tricolore a obtenu une belle récompense, ce mardi, avec l’organisation de la Ryder Cup 2018. Un événement essentiel pour le développement de ce sport dans notre pays et obtenu grâce à un dossier bien ficelé à tous les niveaux. Explications.

Le nom ne dira rien à certains. Ryder Cup. Un match Europe-Etats-Unis organisé tous les deux ans et devenu un monument de la petite balle blanche. Première pour notre pays, la tenue de l’édition 2018 dans l’Hexagone, obtenue ce mardi, a tout pour booster le golf en France. Mais qu’est-ce qui, justement, a bien pu pousser l’European Tour à choisir un pays dont la culture golfique n’a jamais été le fort ? « Nous avions le plus beau projet », avance le golfeur pro Grégory Havret.

Articulée autour du Golf National, à Saint-Quentin-en-Yvelines, la candidature française a pu compter sur l’investissement de la Fédération, de partenaires publics et d’entreprises privées. Même les licenciés ont été mis à contribution avec une augmentation de trois euros jusqu’en 2022. Sans oublier le soutien sans faille de la famille des joueurs. Bref, une adhésion collective. « Versailles, Paris et le Golf National, un des plus appréciés par les golfeurs, tout cela a joué en notre faveur, confirme Chantal Jouanno, la ministre des Sports. Le soutien de l’ensemble de nos golfeurs a sans doute aussi fait la différence. » Autre avantage, mis en exergue par Thomas Levet, un des deux seuls Français à avoir pris part à cette épreuve (en 2004) : « On peut réunir entre 45.000 et 80.000 spectateurs par jour au Golf National ! »

L’absence de culture golf s’est muée en un avantage

Face à la France, la faiblesse des autres candidatures (Espagne, Portugal, Allemagne et Pays-Bas) a également rejailli. « On a fait beaucoup de promesses garanties. On va investir 6 millions d’euros pour améliorer le Golf National », indique Pascal Grizot, directeur de la commission Ryder Cup de la FFG. L’absence de culture golf, vu comme un frein, s’est même muée en un avantage. Quoi de mieux qu’une Ryder Cup pour démocratiser le sport individuel le plus pratiqué au monde ? « Nous voulons atteindre les 700.000 licenciés en 2018, poursuit Christophe Muniesca, le DTN. Faire du golf ce sport populaire dont on rêve tous. »

Le succès de la candidature tricolore semble enfin marqué du sceau d’un changement d’état d’esprit. « Quand on se donne les moyens et qu’on approche une candidature avec humilité, ça peut marcher, explique Chantal Jouanno. Le défaut de la France, c’est de partir toujours avec un peu trop de prétention. » Un écueil évité avec succès.

A.H avec J.R