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Woods, la descente aux enfers

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Quatorze mois après ses déboires conjugaux, la star américaine peine à retrouver de sa superbe. L’ancien numéro un mondial de golf a été abandonné par la plupart de ses sponsors et une bonne partie de son jeu. Enquête avant le Masters d’Augusta, première levée du Grand Chelem 2011, qui débute jeudi.

Lorsqu’ils se croisent à Dubaï en janvier dernier, Rory McIlroy et Tiger Woods échangent quelques mots. Entre eux. A 21 ans, l’Irlandais a les crocs et glisse plus tard, sourire en coin : « Je me souviens avoir été nerveux la première fois que j’ai rencontré Woods. J’avais 15 ans, avoue-t-il. Il dégageait une telle présence. Mais je ne suis pas sûr qu’on le reverra dominer le golf mondial comme cela a été le cas. » Ces propos ont été flingués comme il se doit par Lee Westwood deux heures plus tard : « J’ai 37 ans et à mon âge on a plus de recul que les jeunes, avance le numéro deux mondial. La forme est fluctuante mais le talent ne disparaît jamais. Tiger est probablement le joueur le plus talentueux qu’il m’ait été donné de voir. Je l’ai vu gagner des tournois en jouant mal… J’en parlerai à Rory plus tard. » On se doute de la nature des échanges cordiaux entre un Anglais et un Irlandais.

Telle est la vie de Woods aujourd’hui. En proie au doute, l’actuel cinquième joueur de la planète divise. En 2011, l’Américain a disputé quatre tournois sur le sol US pour un seul top dix (44e, 33e, 10e, 24e). Indigne de son talent. Lui en reste-t-il ? Assurément si on en croit Westwood alors que le monde inquisiteur de la petite balle blanche s’interroge. A moins d’une semaine d’un Masters d’Augusta qu’il a remporté à quatre reprises, Woods a la tête dans le gazon. Sous la houlette de son nouveau coach, le Floridien a pourtant assoupli son swing et simplifié son entourage. Sa vie privée s’est apaisée depuis son divorce.

Si l’année 2010 signe son retour au plus haut niveau, 2011 doit être celle de la rédemption. Car Tiger Woods reste un athlète exceptionnel au charisme hors norme. Avec un total de gains estimé à plus de 100 millions de dollars, Woods a de quoi voir venir. Son équipementier principal, la marque au « swoosh » - la fameuse virgule - ne l’a jamais abandonné. L’histoire est cocasse. Flashback. Nous sommes en 1997. A l’orée des 21 ans de Woods, Phil Knight dégaine son hélico se pose à Augusta et étale 30 millions d’euros sur cinq ans : « Je n’étais pas en vie pour voir Monet peindre mais je suis là pour voir Tiger Woods jouer. » Ces mots prononcés par le patron de la marque américaine font mouche d’autant que Woods s’adjuge à Augusta cette année là son premier tournoi du Grand Chelem, avec 12 coups d’avance sur son dauphin. Le phénomène est lancé.

Aujourd’hui, Tiger Woods plafonne à 14 succès en Grand Chelem à longueur respectable des 18 couronnes de Jack Nicklaus le meilleur golfeur de tous les temps. Dans un sport où les performances en dents de scie sont légion, « l’ours blond » a lui aussi connu une année blanche pour mieux revenir. C’était en 1979. Aucune victoire puis surgi l’US Open 80 dans son escarcelle. Woods semble être dans la même dynamique. Bubba Watson, Rory McIlroy, Ricky Fowler, Anthony Kim, Martin Kaymer ou encore Rio Ishikawa ont du jeu à revendre et des gueules d’ange. Ishikawa dont Woods ne tarit pas d’éloges : « S’il y en a à surveiller, c’est Rio, rugit le Tigre. J’adore sa façon de jouer, très pur…»

Au cœur de la meute des jeunes loups, Tiger Woods a du travail. L’Américain doit retrouver son golf après avoir déblayé le chemin d’une vie privée apaisée. Les médias américains s’enflamment depuis quelques semaines sur sa relation avec Alyse Lahti Johnston, belle fille du Président du club de football écossais des Glasgow Rangers. Elle a 22 ans.

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Cheyenne, l’œil du tigre|||

A 20 ans, elle s’est déjà fait un prénom. Cheyenne Woods a comme absolues idoles son oncle, Tiger, et le duo… Will Smith-Michael Jordan. Née en Arizona, Cheyenne a grandi à l’ombre du tigre, cultivant entre deux cactus la science d’un petit jeu d’enfer et « un amour immodéré » pour son putter. Elle achève l’année 2010 au 24e rang mondial chez les amateurs. L’avenir professionnel se dessine en 2011. Jusque dans son marqueur de balle concocté par une célèbre marque de joaillerie russe. Ses devises ont de quoi troubler pour une jeune femme qui sort de l’adolescence : « Soyez sûr d’aimer ce que vous faites. Cela rend les choses plus faciles, glisse-t-elle. Travailler dur permet de surpasser le talent lorsque celui-ci ne fonctionne pas. » A méditer.

C.Co.