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Bungert : « Karabatic est un beau mec ! »

Nikola Karabatic

Nikola Karabatic - -

Proche de certains champions du monde 98 tels que Zinedine Zidane ou Bixente Lizarazu, Jacques Bungert dresse un constat optimiste sur l'évolution du hand-business. Le Directeur Général de l'agence de publicité Young and Rubicam, spécialiste de marketing et de l'image des sportifs de renom, loue notamment le charme de Nikola Karabatic. Entretien.

« Jacques Bungert, Nikola Karabatic vient vous voir afin de travailler sous votre aile. Dans quelle direction vous orientez-vous ?
Je n'y ai pas vraiment pensé... Ce sont des gens qui font rêver, ce sont des passionnés donc porteurs d'un certain nombre de valeurs et d'une aura réelle. Pour être honnête, je trouve qu'on parle un peu trop de marketing dans le monde du sport. On pense souvent à tort que les choses se construisent, se façonnent, se manipulent facilement. Mais ce n'est pas le cas. Ce sont juste des marques qui entrent en résonnance avec une personnalité, une performance qui fait qu'à un moment donné autour d'un individu se construit quelque chose, des envies. Cela contribue à séduire ou raconter une histoire. C'est ce qu'on cherche quand on veut rapprocher un sportif et un produit. Karabatic il faut savoir ce qu'il aime et ce qu'il cherche. Il faut vendre ou porter ce qu'on aime. Sinon, on s'aperçoit très vite que c'est bidon. Karabatic peut exister auprès de plein de marques. De voitures, de vêtements, d'agro alimentaire... Il est hyper élégant c'est un beau mec, un bel athlète. Les handballeurs ont d’ailleurs un potentiel intéressant pour un certain nombre de marques, c'est sûr !

Avec ce quatrième titre de champion du monde, le handball est-il devenu l'égal du football ?
On cherche toujours à comparer les choses et à tout ramener au football. Le hand existe par lui-même. On est porté par une vague d'optimisme qui est issue de la victoire. Le hand, comme en son temps la natation, le rugby ou le football bien sûr, porte les espoirs d'un peuple. Le hand renvoie à un sentiment de puissance, une image de victoire et de performance. Ce sport peut porter un certain nombre de valeurs. Mais ne comparons pas les choses car un jour on va se demander s'ils vont monter dans le bus, descendre du bus... Il ne faut pas comparer les univers !

Après l'épisode sud-africain de Knysna, le football doit-il se servir du handball afin de redorer son blason ?
Se servir non mais je pense qu'on peut toujours être inspiré par un certain état d'esprit. Quand j'écoute Claude Onesta, je le trouve intéressant. D'ailleurs, Laurent Blanc n'est pas trop éloigné de la rhétorique d'Onesta. Ce qui s'est passé là me rappelle 98 au niveau du collectif et de l'humilité. Le foot a avant tout besoin de sérénité et d'humilité. C’est en bonne voie. Ce qui se passe au hand relève de l'essence même du sport. Le foot va retrouver cet équilibre et sa force. Ces deux atouts en font un sport éminemment populaire... »