RMC Sport

Des filles en or

Camille Ayglon

Camille Ayglon - -

Entraîneur des champions du monde en 1995, Daniel Costantini dresse le portrait des joueuses clés de l’équipe de France. En fin connaisseur, le consultant de RMC Sport ne manque pas d’éloge au moment de présenter les filles d’Olivier Krumbholz.

Amandine Leynaud (gardienne) : « Elle est parfaite »
« Avec son air de ne pas y toucher, elle est parfaite. Elle fait partie des 4 ou 5 meilleures gardiennes du monde. Elle est presque au niveau de Valérie Nicolas qui a été en son temps la meilleure gardienne du monde. On a un peu souffert à ce poste, mais Amandine est maintenant titulaire et, elle, au moins, accepte que Cléopâtre Darleux soit de temps en temps dans les buts… »

Blandine Dancette (ailière) : « Un peu timide et introvertie »
« Elle s’est trouvée exposée à partir du moment où Kathy Piejos s’est blessée aux ligaments croisées. Elle un peu timide et introvertie. On la découvre un peu. Elle éclate au grand jour alors qu’elle ne devait pas avoir ce rôle à jouer tout de suite. Elle fait très bien le métier. »

Nina Kanto (pivot) : « Un don du ciel »
« On a dit que c’était la chouchou du coach parce que c’est une fille exemplaire, une combattante, toujours là quand il faut. Après la naissance de son fils, je me suis posé des questions pour savoir si elle allait pouvoir revenir. Physiquement, ce n’est pas la Nina d’avant, mais elle est tellement exemplaire. Ses partenaires arrivent à la trouver parce qu’elle a une très bonne lecture du jeu. C’est un don du ciel. »

Camille Ayglon (arrière) : « C’est devenu une joueuse complète »
« Elle est en très gros progrès, surtout offensifs. C’est devenu une joueuse complète. Elle avait des qualités, mais était intermittente. En défense, malgré son gabarit de mannequin, elle arrive à se faire respecter, à faire mal. Elle est très intelligente et a une belle lecture du jeu. On restait un peu trop sur notre faim. Elle a gagné en confiance. »

Claudine Mendy (arrière) : « Il lui manque une culture handballistique »
« C’est celle qui a le plus de qualités physiques. Elle a fait des années de judo et est venue tard au handball. Il lui manque une culture handballistique, et on a l’impression qu’elle ne sait pas jusqu’où elle peut aller. Mais son physique lui a permis d’être en équipe de France. Il lui suffirait d’un match référence. Je pense qu’elle va durer et progresser d’année en année. »

Paule Baudouin (ailière) : « Elle manquait de confiance »
« Avec Siraba, ça aurait pu être un handicape d’avoir deux joueuses si proches à un poste comme celui-là. Mais finalement, ça permet aux deux filles de se livrer à fond. Elle a beaucoup voyagé en France et à l’étranger. Il y a quelques années, elle était fragile et manquait un peu de confiance en elle. Ce n’est plus le cas. »

Siriba Dembele (ailière) : « Elle a la classe »
« Elle a la classe. A son poste d’ailier gauche, elle arrive à progresser dans sa technique et sa prise de risque. Elle est très rapide en contre-attaque et très adroite. Elle a d’abord été confinée dans son rôle de finisseur. Petit à petit, Olivier Krumbholz a enrichi son jeu. »

Raphaëlle Tervel (ailière) : « Une fabuleuse lecture du jeu »
« Elle ne fait pas de bruit. Ce n’est pas le genre à hurler. Elle paye par son exemple. Elle a une carrière très longue car elle a su évoluer. C’est une fille qui n’a jamais fait passer ses intérêts personnels devant ceux de l’équipe. C’est inestimable. En défense, elle a une fabuleuse lecture du jeu. »

Allison Pineau (demi-centre) : « Extraordinaire dans tous les secteurs »
« Après le Mondial 2009, on avait décidé qu’elle était la meilleure joueuse du monde, mais elle ne le méritait pas vraiment. Là, elle était en train de le justifier pleinement. Son Championnat du monde est extraordinaire dans tous les secteurs. Elle a été fauchée au plus mauvais moment de sa carrière. Je ne suis pas trop inquiet pour la suite. Son physique va lui permettre de revenir. Mais c’est une équipe de France qui perd 20% de son potentiel. »

Le titre de l'encadré ici

Lacrabère éclate au grand jour|||

Certains semblent surpris de voir Alexandra Lacarbère (24 ans, 88 sélections) au plus haut niveau, d’autres ne s’en étonnent pas. A commencer par Nina Kanto : « J’ai de l’admiration pour cette joueuse, glisse sa coéquipière sous le maillot bleu. Elle n’a pas été souvent appréciée à sa juste valeur. A mon sens, c’est la joueuse qui joue le mieux au handball. » Il faut dire que les 10 buts en 13 tirs en demi-finales contre le Danemark ont braqué les projecteurs sur cette arrière de 24 ans. Alors forcément, les comparaisons élogieuses se sont font pas attendre. « Comme Nikola Karabatic, quand son équipe doute un peu, elle a l’action qui lui permet de repartir du bon pied, se félicite Daniel Costantini. Mais il faut que ça dure. J’espère que c’est une maturité nouvelle. » La Brestoise partage sa chambre avec Raphaëlle Tervel. Un alliage étonnant entre l’extravertie Lacrabère et la discrète Tervel. « On se complète bien », sourit cette dernière. Alors, quand on rapporte tous ces compliments à la principale intéressée, « Crabouille » calme le jeu du haut de ses 88 sélections : « cette équipe, ce n’est pas une ou deux filles. C’est toutes les joueuses plus le staff. Et je le dis depuis le début : ‘’on peut aller au bout’’ ».

P.Ta. avec RM. à Sao Paulo