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Et si c’était un mal pour un bien ?

Les Experts affrontent la Hongrie, qui les avait tenu en échec à l'Euro 2010, pour leur premier match du Tour principal

Les Experts affrontent la Hongrie, qui les avait tenu en échec à l'Euro 2010, pour leur premier match du Tour principal - -

Le nul concédé, jeudi, dans les dernières secondes face à l’Espagne (28-28), ne semble pas avoir trop perturbé les Bleus. Ces derniers débutent le Tour principal ce samedi (20h45) face à la Hongrie.

Au lendemain du nul face à l’Espagne (28-28), les mines des Bleus sont fatiguées. De l’entraîneur Claude Onesta au capitaine Jérôme Fernandez, tous avouent avoir mal dormi. « C’est vrai que là on a refait un peu le scénario du match en se couchant, les dix dernières minutes, on les a ressassées », lâche le gardien Thierry Omeyer, avant de positiver. « Il faut retenir cette fin de match, s’en servir pour le reste de la compétition. On voit qu’un match n’est jamais terminé avant la soixantième minute. »
Et c’est un peu de cette manière que tous réagissent, à voir les sourires sur les visages, même sur celui du sélectionneur Claude Onesta. « J’ai conscience de ne pas avoir su trouver les mots ni les solutions, je prends la totale responsabilité de ce match nul, c’est à moi de trouver les clés quand les joueurs s’affolent un peu et là j’avoue ne pas avoir été meilleur qu’eux. »
Mais pour autant, pas question pour lui d’envisager cette fin de match incroyable comme un mal pour un bien pour éviter tout excès de confiance. « Je n’ai pas de culture jésuite, je ne suis pas du style à me flageller pour être bien après. Si on avait quatre points, ce serait mieux aujourd’hui. Ce qui aurait été bien, c’est qu’on se fasse peur et qu’on gagne de deux buts, et on se serait quand même fait peur et on aurait conservé les points. »

Le mea culpa d’Onesta

Juste après le nul de mercredi, le capitaine Jérôme Fernandez n’a pas voulu reconnaître que son équipe s’était peut-être vue vainqueur de ce match un peu trop tôt. Après une nuit de sommeil, il concède que c’est « un petit rappel à l’ordre ». « En tout cas, ça prouve que l’équipe de France n’a pas de marge de sécurité. » « C’est la preuve tangible que la France n’est pas à l’abri d’une contre-performance », admet l’ancien sélectionneur Daniel Costantini, même si, selon lui, l’équipe de France reste la favorite à sa propre succession.
Parce qu’il ne faut pas occulter les impressions de puissance, notamment défensive, laissée par les Français lors de leurs quatre premières victoires et pendant les quarante premières minutes contre l’Espagne. « Je n’avais jamais vu l’équipe de France autant dominer la sélection espagnole », reconnaît Costantini.
Les Bleus sont également maîtres de leur destin. Même avec un point de moins que l’Islande, ils seront assurés de se qualifier pour les demi-finales s’ils remportent leurs trois matchs du tour principal, à commencer par celui contre la Hongrie, ce samedi (20h45). La Hongrie, une équipe a priori bien en-dessous des partenaires de Didier Dinart. « On peut dire que tout le monde est plus faible que nous puisqu’on a fait le triplé, plaisante le rugueux défenseur de Ciudad Real. Contre les Hongrois, on a une envie de revanche. On avait fait match nul contre eux l’an dernier à l’Euro. » Avant de défier les Hongrois, les hommes d’Onesta n’ont donc rien perdu de leur moral, leurs certitudes et leur appétit.

Rodolphe Massé en Suède