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Euro : Deux gros minets à l’ombre de « Titi »

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Blessé en octobre, Thierry Omeyer ne peut pas participer aux premiers matches de l’Euro avec les Bleus, qui affrontent la Pologne ce mercredi (20h15). Cyril Dumoulin et Vincent Gérard sont là pour le suppléer. Un seul restera après son retour.

La force de l’habitude avait fini par accoutumer les esprits au statu quo. Pour protéger les cages tricolores, un seul homme. Thierry « Titi » Omeyer. Treize ans que ça dure. Seize compétitions internationales de suite (!) depuis ses débuts au Mondial 2001 pour deux titres olympiques, trois sacres planétaires et deux couronnes européennes. La 17e, le gardien de l'équipe de France devrait la vivre dans quelques jours. Blessé le 12 octobre (désinsertion du biceps brachial au niveau du coude gauche), celui qui est revenu à Montpellier cet été a été autorisé à reprendre l’entraînement mercredi dernier. Il ne disputera pas la phase de poules du tour préliminaire de l’Euro mais pourrait reprendre du service plus tard. « J’ai envie de montrer que je suis encore là », clame Omeyer. 

Avant le retour du taulier, qui a toujours été numéro 1 avec Daouda Karaboué (qui a pris sa retraite internationale) en doublure de 2004 à 2013, les Bleus peuvent compter sur deux gardiens néophytes en compétition internationale : Cyril Dumoulin, 29 ans, portier de Chambéry, qui fréquente le groupe France depuis quatre ans mais avait toujours été coupé au profit de Karaboué, et Vincent Gérard, 27 ans, son homologue de Dunkerque sacré meilleur gardien de LNH la saison passée qui a connu sa première sélection en avril. Deux styles et personnalités différents – un Dumoulin calme et réfléchi, auteur de deux livres, qui a travaillé avec une préparatrice mentale, et un Gérard plus chambreur et foufou – pour la même mission périlleuse : remplacer Omeyer. Avec dans un coin de la tête le fait que l’un des deux va devoir laisser sa place une fois « Titi » revenu aux affaires. 

Gérard : « Pas là pour faire de la représentation »

« Vincent est plus petit (1,88 m contre 1,99 m) et lit très bien les tirs, il a une bonne explosivité, relate Omeyer. Cyril se sert plus de son grand gabarit pour prendre le plus de place possible. » Luc Abalo précise : « Cyril est très fort sur les tirs de loin et Vincent sur les tirs de près. » En match comme à l’entraînement, les deux échangent beaucoup. Sans oublier de s’appuyer sur l’expérience de « Titi ». « Il nous a dit qu’il se tenait à notre disposition si besoin », indique Gérard. « Ils n’ont pas hésité à venir me demander des choses, notamment sur l’approche du match », explique l’intéressé.

Si elle les touche dans les faits, les deux refusent de parler de concurrence. « Il y a assez à faire avec les adversaires », avance Gérard. « Aucun de nous n’est assez prétentieux pour se dire qu’il va faire le job tout seul », appuie Dumoulin. Des déclarations qui épousent le refus de Claude Onesta d’établir une hiérarchie. « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas qu’il y en ait un qui soit devant l’autre mais qu’ils puissent remplir à tour de rôle la mission confiée. Mais il y en a peut-être un qui s’installera et gérera mieux la compétition. » L’idée de futur dans un coin de la tête. « Thierry ambitionne d’aller jusqu’aux JO 2016 mais il y aura de la place après, prophétise Dumoulin. Je ne serai pas trop vieux et Vincent non plus. C’est aussi une chance de préparer la suite et peut-être la doublette de l’avenir. »

Le premier match de l’Euro, lundi face à la Russie (35-28), a vu Gérard débuter pour une prestation ratée (2/15 aux arrêts) alors que Dumoulin se montrait plus solide en seconde période (9 arrêts à près de 40%). « Quand on attend quelque chose depuis longtemps, le pire, c’est de passer à côté quand ça se présente. J’ai le sentiment d’avoir pris du plaisir et d’avoir réalisé un bon match », juge Dumoulin. Mais dans le duel à distance, Gérard n’abdique pas : « Il va falloir être performant pour exister mais je ne suis pas là pour faire de la représentation. »

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Alexandre Herbinet avec Rodolphe Massé au Danemark