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Euro : Ils sont bien Indestructibles

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Moribonde au Mondial il y a un an (6e), l’équipe de France a achevé sa résurrection en battant le Danemark (41-32) chez lui, ce dimanche, en finale de l’Euro. Un troisième sacre européen conclu par un dernier acte maîtrisé de bout en bout.

La question, provocatrice, a le mérite de poser l’exploit : qui aurait parié, il y a trois semaines, sur une victoire des Bleus à l’Euro 2014 ? A part peut-être les joueurs, et encore, pas grand-monde. Et même parmi les optimistes, qui aurait misé sur une démonstration de force dans une finale à sens unique face à un Danemark tenant du titre et à la maison ? Les deux suppositions n’étaient que fous espoirs. Elles sont désormais un nouveau chapitre de la grande histoire du hand tricolore. Moribonde après sa sixième place au Mondial 2013 il y a un an, pas annoncée parmi les favorites d’un Euro 2014 pour laquelle elle se présentait avec six novices en compétition internationale (L. Karabatic, Anic, Grébille et Mahé sans oublier les gardiens Dumoulin et Gérard) et deux cadres blessés (Jérôme Fernandez, Thierry Omeyer), l’équipe de France a su rebondir et s’inventer une nouvelle histoire.

Les Experts sont ressuscités. Ils ont traversé la tempête pour mieux reprendre la barre et mener à nouveau leur barque au quai des triomphes. Ils sont bel et bien devenus les Indestructibles. La France, elle, cultive sa culture handballistique de la gagne. Sur dix finales internationales disputées, les Bleus ne se sont inclinés qu’une fois, au Mondial 1993. Omeyer et Fernandez en sont, par exemple, à huit sur huit dans l’exercice. Nikola Karabatic, Michaël Guigou, Daniel Narcisse et Luc Abalo, eux, garnissent leur palmarès d'un septième titre international sur sept finales. Les Français remportent aussi leur troisième couronne continentale, après 2006 et 2010, à une longueur du record de la Suède (4), et reprennent leur place au sommet. Hommage à un parcours aux allures de renaissance du phénix, donc. Hommage, surtout, à un dernier acte maîtrisé de la première à la soixantième minute et conclu sur le plus grand nombre de buts en finale d’un Euro. Efficace aux tirs avec ses artificiers multiples, royale dans le but derrière un Omeyer des grands soirs (12 arrêts) pour sa… 300e sélection, la France a livré un véritable récital. Un instant de grâce sportive inoubliable.

Porte, Guigou, Abalo, trio d'enfer en attaque

A l’image des basketteurs en septembre dernier, les Bleus ont dominé de la tête et des épaules un acte final qui n’a jamais semblé leur échapper. A Herning, ils étaient bien les plus forts. Pour allumer le feu, les cadres Nikola Karabatic (tout juste désigné MVP de l’Euro), Michaël Guigou (10 buts) et « Titi » Omeyer. Entre les buts des deux premiers et les arrêts du troisième, les joueurs de Claude Onesta prenaient les rênes de la rencontre (7-2, 9e). Révélation de la compétition et encore très précieux ce dimanche, Valentin Porte (9 buts) apportait sa pierre à l’édifice avec Daniel Narcisse et Luc Abalo pour faire encore grimper l’écart (13-4, 18e). Elu gardien de l’Euro, Niklas Landin vivait un début de match cauchemardesque en comparaison de celui de son bouillant homologue tricolore.

La messe semblait déjà dite mais Mikkel Hansen faisait parler son talent (9 buts) pour maintenir l’espoir danois (23-16, 30e). Les locaux continuaient d’y croire mais certains signes ne trompaient pas. Le but improbable de Guigou (12e), un cuir repris en l’air dans la zone, ou le « kung-fu » de Guigou-Porte (29e) se présentaient comme autant de symboles d’une rencontre où le doute serait tout sauf français. Au retour des vestiaires, Karabatic, Guigou, Abalo et Porte annihilaient les tentatives de retour (29-21, 40e). Hansen avait beau faire surnager les siens, un dernier coup de collier tuait le suspense (35-25, 51e). Cyril Dumoulin rentrait dans la cage, Abalo (7 buts en tout) et Porte terminaient leur festival, Nyokas s’invitait à la fête et les dernières minutes s’apparentaient à une procession glorieuse vers la délivrance (41-32, 60e). On n’y croyait pas, ils l’ont fait. Indestructibles, on vous dit.

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Alexandre Herbinet