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Fauquet : « On a perdu l’habitude de devenir champion olympique »

Claude Fauquet

Claude Fauquet - -

Directeur de la préparation olympique, Claude Fouquet dresse son bilan des Jeux Olympiques de Londres. L’ancien DTN de la natation française en profite pour livrer ses premières pistes de réflexion en vue des JO de Rio 2016.

Avec 34 médailles contre 41 à Pékin, que pensez-vous du bilan de l’équipe de France ?

Tout d’abord, je rappelle juste que j’ai été nommé à mon poste le 2 avril 2010, soit deux ans avant pour commencer à mettre en œuvre une vraie stratégie, c’est court. J’espère donc que dès la rentrée, on s’engagera pour l’Olympiade de Rio. Quand je suis arrivé, j’avais pointé du doigt notre difficulté à gagner des titres. Depuis Atlanta (1996), on a perdu l’habitude de devenir champion olympique. On en a donc fait notre cheval de bataille en disant qu’il fallait revenir à des choses plus simples pour aller vers davantage de titres. Aujourd’hui, on est à 11 médailles d’or. J’avais donné comme objectif 14 médailles d’or, on n’y sera pas. Mais il y a un travail qui a été fait et ça nous a valu des moments d’émotion fantastiques.

Y a-t-il des modèles dont il faut s’inspirer, comme celui des Britanniques, par exemple ?

Il y a forcément des choses à prendre. Ne pas regarder serait une erreur stratégique terrible. C’est la troisième nation du monde, ils sont à 60 médailles, bientôt sans doute à 30 médailles d’or. Ils ont 12 sports médaillés (contre 14 pour la France, ndlr), c’est-à-dire qu’ils sont présents un peu partout. Et l’organisation du sport britannique (UK Sport) maximise l’utilisation des fonds publics. Pour moi, ça veut dire énormément de choses. Confier à une organisation le soin de maximiser l’utilisation des fonds public, c’est quelque chose sur laquelle on doit travailler.

Certaines fédérations sortent grandies de ces Jeux, d’autres beaucoup moins. Comment va se faire le bilan de ces JO : sport par sport ou alors d’une manière plus générale ?

Ça va se faire dans les deux dimensions. Une dimension locale, c’est-à-dire fédérale. Savoir se remettre en question et étudier les conditions de leur échec. Il ne faut pas que regarder seulement l’escrime. Il y a d’autres fédérations en difficulté dont on n’a pas eu les résultats attendus, comme la voile ou l’haltérophilie. Il y a donc des sports en difficulté où il faut réfléchir non pas de la même façon pour tous, mais en tout cas pour certains sur le calendrier de préparation ou encore la place des Championnats du monde. Ça sera l’aspect fédéral.

Et l’autre aspect ?

Il y aura donc un autre aspect, général, puisqu’on organisera les 12 et 13 novembre un bilan olympique avec un certain nombre d’athlètes, d’intervenants, d’experts pour essayer de s’interroger sur notre modèle. Est-il bien adapté ? Faut-il le remettre en cause et comment ? A ce moment-là, on essaiera d’avancer.

Lorsque vous étiez DTN de la natation française, vous aviez imposé des critères de sélection draconiens qui ont porté leurs fruits. Pensez-vous qu’il faut imposer ce système dans toutes les fédérations ?

Ce qu’il faut imposer, c’est l’exigence. Après, la forme que ça prend, je ne sais pas si elle doit être la même partout. Mais l’exigence me semble quelquefois insuffisante. Quand on vient aux Jeux, ce n’est pas seulement pour faire la cérémonie d’ouverture et vivre de manière agréable au village.