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Fernandez : « J’ai des inquiétudes… »

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Le capitaine des Experts sonne la révolte après le revers face aux Espagnols (26-29). Une remise en question du groupe indispensable avant d’affronter la Russie mercredi (18h15), et surtout pour la jeune garde tricolore.

Jérôme, comment s’est passée cette nuit ?

On a passé une sale nuit, on s’est posé beaucoup de questions. On a compris qu’on n’était pas en mode compétition. On ne fait depuis un an que de l’exhibition. Quand on perd, ce n’est pas grave, on joue devant notre public qui nous transcende. Sauf que là, on est en Serbie, on est livré à nous-mêmes, tout le monde veut notre peau. Il faut retrouver les ingrédients qui nous ont permis de gagner, et le premier d’entre eux, c’est l’investissement, l’agressivité.

Etes-vous tombé dans une sorte de confort face à des adversaires qui jouent leur peau ?

Ce sont des équipes qui jouent des matches de qualification pendant l’année, qui se battent chaque fois pour la compétition suivante. L’Espagne aimerait se qualifier pour les Jeux directement (vainqueur de l’Euro ou finaliste si la France conserve son titre, Ndlr), et elle sait qu’elle en a le potentiel. Aujourd’hui, on n’est pas en place pour gagner ce genre d’adversaire.

Un manque de pression ?

Il manque un peu de… mauvaises vibrations, sentir qu’on n’est pas invincibles. Le match démarre et tout le monde peut nous battre. Malheureusement, quand on sort d’une année de matches amicaux, on n’a pas ce sentiment de pouvoir être en danger. J’espère que la défaite contre l’Espagne va être bénéfique. Le prochain revers sera fatal. De toute façon, on n’a plus le choix.

N’avez-vous pas touché les limites du mode de fonctionnement de l’équipe de France, « les limites de la démocratie », comme le dit Claude Onesta ?

On a du mal à se révolter sur les matches parce qu’on passe vingt heures dans la journée où tout le monde rigole et s’entend bien. Quand on rentre sur le terrain, on a parfois du mal à taper sur les mecs d’en face ou alors quand on le fait, c’est trop tard, c’est à la 45e.

Ces Russes qui vous attendent mercredi (18h15) paraissent plus faibles que par le passé…

Pas sûr qu’ils soient plus faibles qu’avant, c’est en tout cas un style de jeu qui nous convient mieux que les Espagnols. Ils ont des gabarits plus imposants, ils sont moins forts dans les duels. On va pouvoir secouer des kilos. C’est le meilleur moyen de rentrer dans la compétition mais si on gagne, il ne faudra pas se reposer sur nos lauriers. Il faudra recommencer contre la Hongrie qui jouera presque à domicile (forte communauté magyare dans la province de la Voïvodine, Ndlr).

Le capitaine que vous êtes est-il un peu inquiet ?

J'ai des inquiétudes par rapport à certains joueurs. Notamment les jeunes, comme William Accambray, Xavier Barachet, et Arnaud Bingo, qui, certes, ont fait un beau Mondial l'année dernière, qui font des bonnes performances avec leurs clubs, mais qui aujourd'hui sont encore dans l'apprentissage. Et le haut niveau, c'est de savoir s'adapter à une nouvelle problématique. Or, ces garçons-là, s'ils n'arrivent pas à franchir des caps, vont stagner et resteront remplaçants. Sur le match contre les Espagnols, personne n’a été performant à part Daniel (Narcisse) et moi. On a dû mettre Luc (Abalo) sur la base arrière, c’est quand même dommage.