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G. Gille : « Le hand a changé de monde »

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Après 308 sélections avec l’équipe de France, Guillaume Gille (36 ans) a décidé de mettre un terme à une carrière internationale exceptionnelle achevée par une médaille d’or olympique. En marge de sa retraite en bleu, le joueur de Chambéry n’a pas échappé aux questions sur l’affaire des paris…

Guillaume, que ressentez-vous après avoir annoncé la fin de votre carrière internationale ?

Beaucoup de fierté. La longévité au haut niveau est rare. Quand je me souviens de ma première sélection en novembre 1996 contre la Yougoslavie, je me dis que le temps file. Et que beaucoup de choses se sont passées depuis. Le fait d’avoir réussi à rester parmi les meilleurs me rend excessivement fier. Il était temps de passer à autre chose et de me concentrer sur Chambéry, mon club. C’est une décision réfléchie. Je pars l’esprit tranquille.

Pourquoi ne pas l’avoir annoncé après votre médaille d’or olympique cet été ?

A la sortie de ces Jeux, j’étais euphorique. Mais j’avais le sentiment d’avoir bouclé la boucle. Mon heure était peut-être venue. Il m’a fallu du temps pour réfléchir. Au moment de la liesse, je ne souhaitais pas plomber un peu l’ambiance en annonçant que c’était ma dernière compét’. En plus, ma décision n’était pas arrêtée et j’avais envie d’en profiter.

« Après les JO, on a abusé »

Le timing de votre annonce tombe un peu mal compte tenu de l’actualité et de l’affaire des paris…

C’est compliqué d’être confronté à ce genre de problème. Mais c’est aussi le signe que notre sport a changé de monde. Quand on voit avec quelle rapidité sont sorties les informations, on peut se dire que le handball est entré dans la cour des grands des sports médiatiques. Aujourd’hui, tant qu’on n’a pas d’éléments plus tangibles, on ne peut pas se permettre de faire des commentaires. A priori, il s’est passé quelque chose. Laissons les responsables de l’enquête faire leur boulot.

On vous a vu très fatigué à votre retour à Chambéry juste après les JO…

Si je demande à n’importe qui de suivre le rythme qu’on a eu lors des 48 heures qui ont précédées notre arrivée en gare de Chambéry, des vieux, on en verra un paquet ! (rires) La fête a été à la hauteur de l’événement. Alors on a abusé, exagéré. On a raclé au plus profond… Alors après ça, forcément, on a des sales gueules.

Propos recueillis par Patrick Plaisance