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Hand - C1 : pourquoi Costantini croit au sacre du PSG

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Le PSG Hand s’est qualifié dimanche pour le premier Final Four de son histoire. L’aboutissement d’une progression logique pour le club de la capitale, que notre consultant Daniel Costantini voit bien aller au bout.

« Après leur victoire de huit buts à l’aller, on aurait compris que les Parisiens bâclent un peu ce quart de finale retour contre Zagreb. Pas au point de ne pas se qualifier mais de le perdre. Finalement, ils ont eu une bonne réaction d’orgueil en seconde mi-temps, en particulier Mikkel Hansen. Il a été transparent pendant 55 minutes mais qui s’est fait un peu secouer par Luka Sebetic. Ça ne lui a pas plu et ça lui fait marquer les trois derniers buts parisiens. Ça, c’est une belle réaction d’orgueil.

Paris passe un cap, ils l’ont montré plusieurs fois cette année. Une contre-performance sur le premier match en septembre a fait douter, moi le premier, de leur motivation pour ce genre de compétitions, mais ils ont très vite remis les pendules à l’heure. Ils vont arriver au Final Four de Cologne (28-29 mai) avec le maximum de confiance accumulée.

Veselin Vujovic, le coach de Zagreb, a dit qu’ils seraient favoris, et je suis d’accord avec lui. Ce n’est pas un baratineur. En revanche, il y a peut-être un paramètre à prendre en compte : il y a deux demi-finales qui se suivent. C’est sûr qu’au niveau du temps de récupération, l’équipe qui gagne la première demi-finale est avantagée par rapport à celle qui dispute la seconde. On remet le couvert tout de suite après, le lendemain après-midi, donc ça va dépendre du tirage au sort. Ce format, les Parisiens le connaissent moins bien que les trois autres équipes du Final Four (Veszprém, Kiel et Kielce) qui étaient déjà là l’année dernière.

« Ce sera une immense frénésie à Cologne »

L’entraineur parisien Zvonimir Serdarusic, lui, a tout vécu, tout connu. Il va faire l’effort d’imagination qu’il faut avec son adjoint Staffan Olsson et il n’y aura pas de problème. Mais vis-à-vis des joueurs, il va falloir aussi les mettre en garde contre un excès de confiance, un excès de suffisance, et bien se gérer dès qu’ils arrivent à Cologne. La difficulté, c’est de gérer le court espace qu’il y a entre la demi-finale et la finale du lendemain parce que ce sera une immense frénésie à Cologne. Ce jour-là il va falloir être très sérieux, très « ensemble ».

Pour moi, c’est plus difficile qu’une finalité de Mondial ou une finalité d’Euro, tout simplement parce que toutes les équipes sont absolument complètes. A Kiel, dès qu’un joueur allemand ne fait pas l’affaire, on recrute étranger. Kielce, n’en parlons pas, Veszprem encore plus. Ce sont de véritables armadas qui s’entraînent toute l’année, qui se connaissent par cœur, qui ont des systèmes de jeu pour répondre à toutes les sollicitations de l’adversaire, ce qui n’est pas toujours le cas dans les équipes nationales, où nous avons ce capital confiance en nous, confiance dans le staff, qui fait que ça nous donne parfois un avantage par rapport aux autres. Tout le monde va être à égalité de ce point de vue-là.

« Le projet handball des Qataris va plus vite que celui du football »

Il y a eu un excellent recrutement côté parisien. Nikola Karabatic, si on le met dans n’importe quelle équipe qui va disputer le Final Four, c’est vraisemblablement celle-là qui va gagner. Il l’a prouvé l’an dernier avec Barcelone. L’amélioration de la défense y est aussi pour quelque chose avec la présence de Luka (Karabatic) et surtout de Mollgaard, ce Danois qui ne paie pas de mine mais qui est difficile à battre. Et puis il y a aussi la révélation Onufriyenko, l’Ukrainien qui a fait un match extraordinaire cet après-midi et qui est, à mon avis, tout à fait capable de remettre ça à Cologne. C’est donc une équipe beaucoup plus costaude que celle de l’année dernière et beaucoup moins que celle de l’année prochaine !

Le projet handball des Qataris va plus vite que celui du football, peut-être parce que c’est plus facile. N’oublions pas que la France est championne du monde, championne olympique et championne d’Europe de hand. Donc les joueurs français qui composent l’équipe sont peut-être d’un niveau supérieur, au niveau de l’expérience, de la maturité, aux joueurs français de football. Mais il y en a tellement peu de toute façon que ce ne sont pas eux qui font la différence. »