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Karabatic-Montpellier, la « guerre » continue

Nikola Karabatic et Patrice Canayer

Nikola Karabatic et Patrice Canayer - -

Nikola Karabatic a assigné Montpellier devant le tribunal des Prud’hommes. Le double champion olympique reproche à son ancien club, qu’il a quitté en janvier après l’affaire des paris truqués, de ne pas lui avoir versé 58 000 euros.

Nikola Karabatic contre le Montpellier Handball, nouvel épisode. Un peu plus d’un an après avoir été au cœur de la tourmente et mis en examen pour escroquerie dans l’affaire des paris truqués (Cesson-Montpellier, 12 mai 2012), le double champion olympique (2008, 2012) est de nouveau sur le devant de la scène judiciaire. Et cette fois, c’est lui qui attaque. Le joueur de Barcelone a en effet engagé une procédure en référé auprès des Prud’hommes car il reproche à son ancien club de ne pas avoir respecté les clauses d’un contrat dans lequel avait été introduit un système d’intéressement. En tout, le MAHB doit donc verser 58 000 euros à son ancien joueur (29 ans), parti de l’Hérault en janvier dernier pour rejoindre Aix-en-Provence.

Le club ne dément pas cette somme, qui est même provisionnée sur le compte du club si jamais les Prud’hommes donnaient raison à Karabatic, le 5 décembre prochain. Plusieurs joueurs seraient même concernés par cette absence de paiement. Mais le MAHB ne souhaite pas verser cette somme tant qu’elle n’a pas en mains tous les éléments de l’enquête. « Le Montpellier Agglomération Handball est régulièrement partie civile en tant que victime dans une instruction judiciaire pour escroquerie et recel d'escroquerie impliquant, entre autres, certains de ses anciens joueurs et leurs proches, ces faits étant eux aussi en relation directe avec l'exécution du contrat de travail liant les parties», indique Rémy Lévy, le président héraultais, dans un communiqué.

Le MAHB veut tourner la page

Si le patron du club champion d’Europe en 2003 est donc prêt à payer ses dettes une fois la décision de justice tombée, il rappelle que l’affaire des paris truqués a engendré un « important préjudice financier et d'image en résultant pour le club, lequel devra donner lieu à un règlement global des dettes et créances résultant du lien contractuel avec les personnes concernées dans les prochaines semaines et mois à venir. »

Car à Montpellier, ce que l’on souhaite avant toute chose, c’est fermer au plus vite cette page noire de l’histoire du club. « Je vais vous dire, ce qui me dérange, c’est que je ne vois pas en quoi l’étaler sur la place publique renforce quoi que ce soit, s’emporte l’entraîneur Patrice Canayer. Ce n’est pas parce qu’on met ça sur la place publique que ça mettra une pression sur le club pour payer. Et ce n’est pas parce qu’on le met sur la place publique qu’à un moment donné ça va nous inciter à nous dire : "On va payer plus vite". Notre souhait, c’est quoi ? Soyons clairs, c’est qu’à un moment donné, la vérité puisse être faite. Et la vérité, on l’acceptera telle qu’elle est. » Le coach montpelliérain va encore devoir s’armer de patience.

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Paris truqués : l’expertise annulée

Le rapport de l’expert comportementaliste Pierre Sallet, à propos du match Cesson-Montpelier du 12 mai 2012 (31-28), qui avait déclenché l’affaire des paris truqués, a été annulé ce mardi par la Cour d’appel de Montpellier. Deux motifs justifient cette décision. Les magistrats ont fait droit aux demandes de Primoz Prost et Mladen Bojinovic, estimant que la saisie de cet expert était entachée de nullité, car ce spécialiste n'était « pas expert dans les règles de l'art ». L’arrêt stipule également que, sur la forme, cette expertise n’était pas recevable car les images ayant servi à Pierre Sallet pour réaliser son rapport ont été fournies par la Ligue, qui est partie civile dans cette affaire. Ce rapport avait notamment conclu à « des carences volontaires du niveau de jeu » chez les joueurs montpelliérains, sauf Michaël Guigou.

Cette annulation est une très bonne nouvelle pour les avocats des joueurs concernés, notamment pour Me Abrakiewicz, conseiller de Mladen Bojinovic : « Ce rapport a servi à constituer le délit reproché aux joueurs. Maintenant, il n'existe plus. Le rapport disparaît, l'infraction disparaît. On en revient donc aux simples paris qui, eux, ont déjà été sanctionnés. » Evidemment, le son de cloche est différent au club. Cette annulation de l’expertise n’annule en rien la procédure. « L’annulation de cette expertise provient de la forme et pas du fond, rappelle Patrice Canayer, l’entraîneur du MAHB. J’ai trouvé un travail très précis, très sérieux. Sur les conclusions, j’étais mitigé. Il y avait des choses qui me paraissaient crédibles, d’autres non, mais ça c’est à titre personnel. » Le club attend maintenant la clôture de l’instruction pour savoir s’il y aura un procès ou pas.

A.A. avec J.L. et à Montpellier