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Les Bleus en pères peinards

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Portée par un brillant trio offensif Karabatic-Nyokas-Guigou, l’équipe de France s’est imposée sans trembler face à la Russie (35-28), ce lundi, pour son premier match de l’Euro 2014. De quoi faire le plein de confiance.

Les interrogations ne sont pas toutes levées. Mais les Bleus auront au moins su se rassurer. Et avec la manière. Victorieuse 35-28 de la Russie pour son entrée en lice, ce lundi soir à Aarhus (Danemark), l’équipe de France a parfaitement entamé un Euro 2014 dont elle ne fait pas partie des grandes favorites. Collectif tricolore bien en place, Nikola Karabatic, Kevynn Nyokas (9 buts pour les deux premiers) et Michaël Guigou très efficaces à la finition : les Russes n’ont rien pu faire. Et les Bleus ont pu faire tourner et accumuler de la confiance. Vous avez dit débuts parfaits ? « Gagner de près de dix buts contre la Russie, pouvoir faire tourner… On ne peut pas rêver d’un meilleur scénario, juge Karabatic On savait que la défense était notre point fort et on a été très bon là-dessus. Ce qui nous manquait, c’était la réussite en attaque, la précision. On a bossé ça les derniers jours et ça a porté ses fruits. On a pu mettre en confiance beaucoup de monde, donner du repos à certains. C’est très positif comme entrée en matière. Mais il ne faut pas s’enflammer. »

Avec une nouvelle génération aux manettes, six joueurs (Gérard, Dumoulin, Grébille, Mahé, Anice et L. Karabatic) prenant part à leur première compétition internationale, et des « Experts » plus tous là (Dinart et G.Gille à la retraite, Barachet et B.Gille blessés, Fernandez et Omeyer en manque de rythme, le second ne prenant pas part à ce match contre la Russie), de nombreuses questions nimbaient les hommes de Claude Onesta à l’heure de croiser le fer avec les champions d’Europe 1996 pour leur premier match dans le groupe C du tour préliminaire. Au premier rang desquelles l’envie de savoir si ce groupe renouvelé avait la capacité de bien figurer dans ce dixième Euro de l’histoire.

Karabatic intenable, Nyokas brillant

Sixièmes du Mondial 2013, les Bleus ne sont plus la force majeure du handball qui écrasait tout sur son passage – deux titres olympiques, deux mondiaux et deux européens entre 2006 et 2012 – et doivent désormais faire avec leur statut de dangereux outsider, renforcé par leur démonstration de sérénité collective face aux Russes. Privé de l’arrière droit Valentin Porte, touché en Golden League contre la Norvège, Onesta avait décidé d’aligner un Jérôme Fernandez tout juste remis de sa fracture de la main droite. Dans la cage, pour suppléer « Titi » Omeyer, le sélectionneur installait Vincent Gérard en première période – moyen avec 2/15 aux arrêts – puis Cyril Dumoulin (9/24) en seconde. Pas de quoi décontenancer des Bleus qui vont livrer une prestation solide. Le premier but était russe, signé Skopintsev. Un moment que l’adversaire des joueurs tricolores aurait dû savourer : la Russie ne mènera plus jamais au score. Bien portés par les tauliers Nikola Karabatic et Michaël Guigou, les Français se mettaient vite en ordre de marche pour mener 5-2 (6e). « Tout le monde est très vite rentré dans le match, la défense, l’attaque, explique Guigou. On a été efficace de partout et tout le monde a pu jouer, c’est vraiment une bonne chose. » Onesta confirme : « On savait que si on prenait l’ascendant et qu’on leur mettait la tête sous l’eau, ils nous rendraient le match plus facile. C’est ce qui s’est passé. »

« Kara » brillait de mille feux mais les Russes recollaient à 7-7 (15e). Ils ne reverront plus les Bleus. Nyokas se joignait à Guigou et Karabatic pour un coup d’accélérateur terrible avec un 6-0 (13-7, 21e). Six minutes pour prendre le large et une fin de première période gérée en patrons pour un score de 19-14 à la pause. Au retour des vestiaires, le scénario se reproduisait avec quelques nuances. Un but russe pour entamer les hostilités (19-15, 31e), d’abord, puis un 4-0 tricolore ponctué d’un nouveau but de l’intenable Karabatic, qui douchait les espoirs adverses (23-15, 36e). Les deux adversaires se rendaient alors coup pour coup (28-20, 45e) et la Russie ne profitait pas de l’exclusion de Guillaume Joli (41e) pour deux minutes pour recoller. La France, elle, s’appuyait sur ses forces offensives et un Dumoulin royal dans le but avec neuf arrêts pour faire grimper l’écart à +10 (32-22, 49e). Il s’y maintiendra jusqu’à l’exclusion d’Accambray (35-25, 58e), qui permettra aux Russes de limiter la casse dans les deux dernières minutes. La France a bien lancé son Euro. Prochain rendez-vous mercredi (20h15) face à la Pologne, battue ce lundi par la Serbie (20-19) pour son premier match.

Guigou : « On sait qu'on peut perdre le deuxième match »

« vec un manque de confiance et de certitudes, il faut faire ce type de match pour se construire, se sentir mieux, se satisfait le sélectionneur. On avait besoin de montrer qu’on était bien en place, qu’on était rassuré sur notre potentiel. On a eu une équipe russe faible car on l’a rendu faible.Ce n’est qu’on premier match, il est réussi et on ne va pas se priver de cette satisfaction. Les gardiens russes sont particulièrement faibles, ce qui a rendu la performance plus facile. Il faut surtout rester lucide. » Et Guigou d'appuyer : « Il faudra assurer derrière et montrer qu’on est redevenu un peu plus constant. On a du mal à le faire depuis un an mais si on commence à l'être, on pourra être un danger pour nos adversaires.On a besoin de plusieurs matches comme ça. Une belle entrée en matière, c’est important car ça permet de prendre confiance, de prendre ses marques. Mais on sait aussi qu’on peut perdre le deuxième match. Il va falloir qu’on réitère ce genre de performance pour montrer aux adversaires qu’on est redevenu solide. »

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A.H. avec Rodolphe Massé à Aarhus (Danemark)