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Les Experts abonnés à la finale !

Nikola Karabatic

Nikola Karabatic - -

Les Bleus ont dominé leurs meilleurs ennemis croates en demi-finales des Jeux Olympiques de Londres (25-22), comme il y a quatre ans, à Pékin. Ils affronteront la Suède, qu’ils ont déjà battue, dimanche après-midi (16h).

Ivano Balic dans les bras de Didier Dinart. Il n’y a plus que quelques minutes à jouer et la star croate, qui n’a pas toujours eu le même caractère, sourit quand le patron de la défense française lui tape gentiment sur la tête. Il a compris. Les Experts ne sont pas morts. Cet Euro raté, achevé à la 11e place cet hiver, n’était qu’un accroc. Comme s’ils devaient tomber pour mieux retrouver les cimes du handball cet été. Champions olympiques et doubles champions du monde en titre, les Bleus disputeront la finale des JO ce dimanche (16h) à Londres face à la Suède. Comme il y a quatre ans, à Pékin, c’est en battant la Croatie qu’ils ont décroché leur billet (25-22). Un adversaire qu’ils adorent écœurer après, donc, la demi-finale des JO 2008, la finale du Mondial 2009 à Zagreb, supplice ultime pour Ivano Balic et les siens, et la finale de l’Euro 2010 en Autriche.

En Serbie, en janvier dernier, les Croates avaient pourtant cru qu’ils avaient mis fin à cette domination en s’imposant au tour principal face aux Bleus (29-22). Mais les Experts sont revenus à leur meilleur niveau, au gré d’un tournoi olympique pourtant entamé sur un petit rythme. « Les héros ne meurent jamais, peut fièrement lancer Didier Dinart. Tout le monde nous avait enterrés. Il y a eu beaucoup de discours, de titres comme ‘‘La défense lézardée’’, ‘‘Les Bleus trop vieux’’. C’est une belle occasion pour faire fermer les clapets de certaines personnes. » La Croatie, avec ses six victoires en six matchs, était la victime idéale d’un réveil amorcé contre la Suède (29-26) puis contre l’Espagne, dans un quart de finale arraché par William Accambray (23-22).

B.Gille : « Omeyer a fait un match d’anthologie »

« On savait que l’équipe de Croatie avait fait un parcours monstrueux dans ces Jeux Olympiques, explique Daniel Narcisse (4 buts). Si on voulait les battre, il fallait que tout le monde joue presque à son meilleur niveau. On a vu la vraie équipe de France. On a montré beaucoup de combativité, de courage. On a réussi à imposer notre rythme dès les premières minutes. » Le tableau d’affichage marque très vite 3-0, puis 5-1. L’équipe la plus âgée de la compétition rajeunit. Thierry Omeyer, dans les buts, fait le mur, comme aux plus grandes heures (19 arrêts, à 46%). « ‘‘Titi’’ a fait un match d’anthologie, juge Bertrand Gille. En première mi-temps, il a descendu le rideau, il n’a pas laissé passer un ballon. Les Croates n’ont pas vu la lumière. » Dans le même temps, Luc Abalo rebondit dans tous les sens (4 buts).

Niko Karabatic, né à Nis (Serbie) d’un père croate, Branko, qu’il a perdu au printemps dernier, montre qu’il est lui aussi de retour (3 buts, 5 passes). Et puis, il y a William Accambray, l’invité de dernière minute, décidé à tout écraser sur son passage (3 buts). « On a vraiment contrôlé du début à la fin, avec une énorme détermination, se réjouit Michaël Guigou (2 buts). C’est incroyable. Il n’y a plus qu’un match, contre la Suède. » Un adversaire déjà maîtrisé, en phase de poule. Comme à Pékin, où les Bleus avaient affronté l’Islande en finale (28-23), la dernière marche ne semble pas être la plus dure à gravir. « Le plus important reste à faire », tempère Didier Dinart. Les Suédois ont battu la Hongrie vendredi (27-26), après le Danemark (24-22) en quarts. « On va se concentrer » promet Michaël Guigou. Aucune équipe n’est parvenue, dans l’histoire des JO, à conserver son titre*. C’est une mission pour Experts.

* L’URSS, sacrée à Séoul en 1988, et la CEI (Communauté des Etats Indépendants), victorieuse en 1992 à Barcelone, avaient quand même des joueurs en commun (Lavrov, Tchoumak…).

LP avec RM et F.Gi.