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Les Experts de la gagne

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Avant leurs grands débuts à l’Euro 2012 en Serbie, lundi face à l’Espagne (18h15), les Français, tenants du titre, ont toujours autant soif de victoires. Pourquoi écrasent-ils la planète handball depuis 2008 ? Réponses ci-dessous…

Attention, être en équipe de France de handball peut parfois occasionner quelques propos surréalistes. « Je ne suis que champion du monde, assure avec le plus grand sérieux William Accambray, 23 ans. Comme mes partenaires, j’aimerais aussi être champion d’Europe et champion olympique ! » Voilà le genre de « caprices » que s’autorisent les Experts à quelques heures de leur entrée en lice face à l’Espagne, lundi (18h15), lors de l’Euro 2012 organisé en Serbie. Est-il vraiment utile de rappeler que les Bleus sont les tenants du titre ? Vainqueurs en Autriche il y a deux ans, les hommes de Claude Onesta trustent tous les trophées depuis 2008. Une culture de la gagne insolente dont les causes sont multiples.

Passons sur le talent, presque inné chez Karabatic et ses partenaires. Là où les Bleus font la différence, c’est aussi dans la gestion humaine. S’il est difficile de se faire une place dans le groupe de Claude Onesta, le sélectionneur national et surtout les « anciens » ne ménagent pas leurs efforts pour intégrer les nouveaux arrivants : « On le sent à table où personne n’est mis de côté, poursuit le Montpelliérain. On peut rigoler avec tout le monde. D’ailleurs Monsieur Dinart (33 ans et 349 sélections, ndlr) est le premier à sortir des blagues. Ces petites choses font qu’on se sent bien tout de suite. »

Accambray et « les Ratés »

Agé aujourd’hui de 23 ans, l’arrière Xavier Barachet se souvient comment Onesta l’avait couvé lors de ses débuts internationaux en 2009. « Il m’a convoqué cette année-là au Mondiaux puis à l’Euro 2010 sans me faire jouer, mais ça a porté ses fruits en 2011 (titre de champion du monde, ndlr). Ce mode de fonctionnement explique en partie pourquoi on remporte des titres ces dernières années. »

Ces passages de témoin tout en douceur, cette envie de perpétuer la légende, ce sont évidemment les anciens qui en parlent le mieux : « C’est d’autant plus facile quand on a gagné, sourit l’arrière Guillaume Gille, 35 ans, international depuis 1996. En enchaînant les compétitions et les victoires, on a développé une confiance en nos capacités hors-norme. On s’appuie là-dessus dans les moments de doutes. »

Avec ce redoutable mélange d’expérience et d’audace, l’équipe de France, « championne de tout », est devenue une équipe quasiment invincible. La gagne, toujours la gagne : « Si on veut remporter des compétitions, c’est avec tout le groupe, explique le capitaine Jérôme Fernandez. Nous, on joue à 14 ou 16 alors que nos adversaires jouent à 8. On laisse les jeunes s’exprimer en les cadrant sur le plan tactique et dans la vie de groupe. » Reste une crainte. De taille. William Accambray : « Ce qui me fait peur, c’est notre surnom. Aujourd’hui, nous sommes les Experts, mais le jour où on tombera, j’espère qu’on ne nous appellera pas « les Ratés ! ».