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Les Experts déjà tournés vers Londres

Jérôme Fernandez

Jérôme Fernandez - -

Après leur désillusion à l’Euro, les joueurs de Claude Onesta, éliminés dès le tour principal, entendent se remobiliser rapidement. Histoire de renouer avec le succès dès cet été lors des Jeux Olympiques. LE vrai rendez-vous de l’année.

Après un long séjour dans les étoiles, l’équipe de France est retombée sur terre. De manière brutale. Auréolés d’un quadruplé légendaire (Jeux Olympiques 2008, Mondiaux 2009 et 2011, Euro 2010), les Experts sont redevenus humains sur les parquets serbes. Battus à trois reprises, par l’Espagne, la Hongrie et la Croatie, et accrochés ce jeudi par l’Islande (lire encadré ci-dessous), les joueurs de Claude Onesta n’ont pas réussi à atteindre le dernier carré de l’Euro. Une désillusion pour une équipe habituée à empiler les trophées ces dernières années. « Il manquait juste une petite flamme, glisse le sélectionneur des Bleus. On était un peu trop paisible et pas prêts à vivre cet Euro. On a mis trop de temps à se réveiller et quand on l’a fait, c’était trop tard. Le train était déjà passé. »

Sonnée et amorphe sur le quai du tour principal, la dream team a subitement renoué avec l’échec. De quoi s’inquiéter à six mois des Jeux Olympiques de Londres ? « Ça ne remet pas tout en question, balaie le capitaine Jérôme Fernandez. C’est simplement une compétition ratée. Cette équipe a encore de beaux mois devant elle. Il va falloir qu’on arrive à se reconstruire psychologiquement pour arriver dans de meilleures dispositions l’été prochain. On va continuer à se battre. Il y a encore des garçons qui ont envie de gagner des choses et qui vont le démontrer aux Jeux. » Un discours mobilisateur repris en chœur par certains cadres du vestiaire. « Ce n’est pas inquiétant, assure Nikola Karabatic. Les JO sont dans six mois. On est déjà qualifiés donc aura une longue préparation. Ça ne sera pas la même compétition. Il va falloir être costaud physiquement et mentalement. Mais les Jeux valent tous les sacrifices. On attend ça avec impatience maintenant. »

Abalo : « Revenir encore plus fort »

A condition de réussir à évacuer le traumatisme. Pour mieux relancer la machine. « Il ne faut pas baisser la tête, estime Didier Dinart. On doit continuer à travailler. Chacun doit faire son autocritique. On doit tirer les enseignements de cet Euro. Il faut analyser ça pour ne pas reproduire certaines erreurs. »

Après avoir collectionné les lauriers, les Bleus vont devoir remettre les mains dans le cambouis s’ils souhaitent truster une deuxième médaille d’or outre-Manche. « Il va falloir qu’on s’inquiète, lâche Luc Abalo. Mais on se battra toujours pour gagner. Là, ça n’a pas marché. C’est dur à vivre. On va mettre un peu de temps à s’en remettre. Mais on va bosser pour revenir encore plus fort. » En espérant faire retentir la Marseillaise dans la capitale anglaise. Histoire de prouver au monde entier que l’épisode serbe n’était qu’une simple sortie de route.

Le titre de l'encadré ici

Un triste nul pour conclure|||

Déjà éliminés de la compétition avant la rencontre, les Bleus ont bouclé leur Euro par un match nul (29-29-) face à l’Islande ce mercredi. Dans une salle de Novi Sad quasi-déserte, les joueurs de Claude Onesta -qui avait pourtant aligné la majorité de ses cadres- ont livré une première mi-temps très décevante. Brouillons et apathiques, ils se sont même fait sérieusement bouger en début de rencontre. Menés 15-12 à la pause, ils sont parvenus à limiter la casse notamment grâce à un William Accambray déchainé et à un Luc Abolo précis dans la finition. Sans Nikola Karabatic, légèrement touché face à la Croatie, les Experts ont conclu sur une nouvelle fausse note une compétition ratée de bout en bout. Avec un victoires, trois défaites et un nul, ils quittent la Serbie avec un triste bilan dans les valises.

Alexandre Jaquin avec Rodolphe Massé