RMC Sport

Paris suspects : pendant ce temps-là, chez les Karabatic…

Nikola Karabatic

Nikola Karabatic - -

Depuis la fin de leur garde à vue il y a une semaine, Nikola et Luka Karabatic passent la plupart de leur temps dans leur maison familiale, avec leurs proches. Tout en continuant à s’entraîner intensément en vue d’un éventuel retour à la compétition.

La maison familiale comme dernier refuge. Privé de son téléphone portable et surveillé par les enquêteurs du SRPJ de Montpellier depuis sa mise en examen dans l’affaire des paris suspects, Nikola Karabatic se trouve auprès des siens. Entouré de ses proches et de sa famille, dont sa compagne également mise en examen, la star du handball français a choisi de se replier un peu sur lui-même et, surtout, de se couper des médias. « Mis au chômage », selon un de ses avocats, suite à sa mise en examen, le Montpelliérain n’a toutefois pas complétement coupé avec le handball. Pour passer le temps et entretenir sa condition physique, il s'astreint à plusieurs heures de sport par jour avec son frère Luka.

A défaut de pouvoir s'entraîner avec leurs coéquipiers, les conditions de leur contrôle judiciaire leur interdisant tout contact avec des membres du MAHB, les frères Karabatic font des séances de musculation et de cardio quasi-quotidiennement dans une salle de sport de l'agglomération montpelliéraine. Mais surtout, les deux frères passent des heures à s'affronter sur le terrain de basket, ainsi que sur le but de handball, qu'ils ont installé dans leur jardin. Des séances les plus intenses possibles pour évacuer le ressentiment qui les anime. A défaut de pouvoir être dans la salle, le double champion olympique et son frère ont même suivi le match de leur club face aux Espagnols de León (27-29), dimanche en Ligue des Champions, devant leur télévision.

Flessel et le public au soutien

Dans l'attente de l'examen de son appel, le 16 octobre prochain, pour obtenir un assouplissement des conditions de son contrôle judiciaire, le demi-centre des Bleus rumine les déclarations et prises de position des uns et des autres. S'il comprend le discours extrêmement ferme de ses dirigeants, il n'en demeure pas moins convaincu que la présomption d'innocence n'a pas vraiment été respectée. Le joueur de 28 ans est même meurtri et agacé de s'apercevoir que certaines personnes, notamment une partie de ses coéquipiers, ne lui ont pas apporté le moindre soutien. Au contraire d'autres, comme la dernière porte-drapeau de l'équipe de France olympique, Laura Flessel.

L'épéiste a contacté directement le handballeur pour lui expliquer qu'elle avait connu ce genre de tourments il y a une dizaine d'années, lorsqu’elle avait subi un contrôle antidopage positif (en 2002, à la nicéthamide). Des sportifs, mais aussi des anonymes, lui ont également témoigné leur soutien. En fin de semaine dernière, lors d'une de ses rares sorties en public, Nikola Karabatic a même pu mesurer que sa popularité était restée intacte. Assis en terrasse d'un restaurant, il a signé encore plus d'autographes qu’à l’accoutumée, des passants s'arrêtant pour lui dire qu'il demeurait un grand champion. De quoi lui mettre (un peu) de baume au cœur.

Rodolphe Massé