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Abati : « J’ai vu défiler toute ma carrière »

Joël Abati

Joël Abati - -

Médaillé d’or avec l’équipe de France de handball à Pékin pour sa dernière olympiade, Joël Abati a vécu son sacre comme l’aboutissement d’une carrière exceptionnelle. Un rêve d’enfance pour l’ancien arrière droit des Experts.

Au royaume des Jeux Olympiques, il y a les surdoués. Ces petits prodiges qui parviennent à conquérir le Graal avant même leur vingtième année écoulée, à l’image de Michael Phelps ou de Laure Manaudou. Et puis il y a ceux qui, à l’inverse, doivent attendre le crépuscule d’une carrière pour toucher du doigt la consécration ultime. Joël Abati fait partie de cette deuxième catégorie.

Détenteur d’un palmarès hors du commun dans son sport (triple vainqueur de la Ligue des champions, double champion du monde, champion d’Europe…), le Martiniquais a connu les joies de l’or olympique à 38 ans, pour ce qui devait être sa dernière compétition internationale. Alors forcément, à la remise du prix, les souvenirs se mêlaient à l’émotion : « Quand on m’a remis la médaille autour du coup, j’ai senti le poids du travail accompli, raconte l’international aux 204 sélections. J’ai vu défiler toute ma carrière, tous les efforts que j’ai faits depuis mon jeune âge, et je me suis dit ‘ J’y suis arrivé, comment est-ce possible ! ‘ ». Les Bleus venaient alors de décrocher le premier sacre olympique de leur histoire en finale du tournoi contre l’Islande (28-23).

Une médaille au triste destin

Le culte que vouent les sportifs pour les Jeux Olympiques nait souvent au moment de l’enfance, et Joël Abati ne déroge pas à cette règle : « Quand on voit à la télé les champions olympiques, on se dit ‘ Un jour je le serai, j’ai envie de l’être ‘ ». Voir ces sportifs recevoir leur médaille, on a envie de partager ça ». Depuis ce 24 août 2008 béni pour le hand français, Abati et les Experts ont basculé de l’autre côté, devenant ceux qui inspirent et créent des vocations.

Sa médaille d’or, celui qui a porté pendant dix ans les couleurs de Magdebourg (1997-2007) n’en aura pas profité bien longtemps. « Ma grande tristesse est qu’il y a eu un incendie chez moi, et je ne l’ai à ce jour toujours pas retrouvée. Je pense qu’elle a dû partir dans le feu. » Un destin brisé pour une médaille qui avait vocation à trôner fièrement sur un rebord de cheminée. Mais qu’importe, le souvenir de la plus belle récompense sportive de la carrière de Joël Abati, lui, ne partira jamais en fumée.