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Annecy 2018 : les comptes ne sont pas bons

Beigbeder et la candidature française comptent leurs sous

Beigbeder et la candidature française comptent leurs sous - -

A J-30 de l’élection qui désignera la ville des Jeux d’hiver 2018, la candidature française n’a pas encore bouclé son budget. Sur les 29,1 M€ prévus, 2,5 M€ manquent à l’appel. Annecy, le département, et la région craignent d’être les dindons de la farce. Enquête.

Il reste 30 jours avant la 123e session du CIO, à Durban en Afrique du Sud, théâtre du vote qui désignera qui d’Annecy, Munich ou Pyeongchang, sera la ville hôte des JO 2018. En attendant, la candidature française compte et recompte ses sous. Il manque 2,5 M€ sur les 29,1 M€ annoncés par le comité. Une situation qui a agité le comité directeur du Groupement d’intérêt public ces dernières semaines. Reporté à trois reprises, le budget a été voté sur le fil lundi 30 mai, à Paris. Annecy, le département, et la région ont apporté des réserves, alors que cette dernière s’est abstenue. « On a choisi l’abstention parce qu’il y a trop d’incertitudes sur les recettes », a justifié Gwendal Peizerat, champion olympique de patinage artistique, aujourd’hui conseiller délégué aux Sports de la région Rhône-Alpes. Et pour cause. En cas de déficit, ce sera aux collectivités locales et à l’Etat de régler la note.
Charles Beigbeder, arrivé en janvier à la tête d’Annecy 2018 après le départ d’Edgar Grospiron, lassé de réclamer des fonds supplémentaires, avait pour priorité de trouver de nouveaux partenaires. Six sont annoncés en avril (Air France, GDF Suez, GL Events, Havas Sports and Entertainment, Institut Merieux et LVHM), mais deux mois plus tard tout l’argent n’est pas encore entré dans les caisses. L’Etat a également été sollicité. « On demande que la TVA ne soit pas facturée sur les dépenses, explique Pierre Mirabaud, directeur-général du projet français. On a bon espoir, c’est ce qui avait été accordé à Paris 2012. » L’économie pour Annecy 2018 se chiffrerait entre 1 et 1,5 M€. « Les finances, c’est un des problèmes de notre candidature », constate un autre membre du comité directeur.

Le coût de la CEV a été multiplié par quatre

Les difficultés actuelles renvoient à la démission et au coup de gueule de Grospiron. Les dépenses sur les trois années de la campagne (2009-2011) n’avaient pas été anticipées. « Le budget 2010 nous a mis dans l’impasse, reconnait une source proche de la candidature française. Les deux-tiers étaient consacrés à l’année 2010, il ne restait pas grand-chose pour la suite. » La visite en février de la commission d’évaluation du CIO avait été chiffré à 600 000 euros… « Irréaliste », juge Mirabaud. La facture de fait s’est envolée : 2,5 M€ au bas mot. « Ça explique pourquoi on a demandé un coup de pouce à l’Etat », reprend Mirabaud. « On ne dépensera pas un euro de plus », lâche Peizerat, alors que la région doit encore verser 0,5 M€. Le 27 juin, l’état-major d’Annecy 2018 s’envole pour Lomé, pour l’AG des comités olympiques africains. Dernière escale « lobbying » avant Durban. Air France transporte la délégation française, et Kenzo (LVMH) l’habille. Ce sera ça de moins à régler.

Le titre de l'encadré ici

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Budget triennal (2009-2011) d'Annecy 2018
Etat : 4,6M€ (15,8%)
Collectivités territoriales : 7,2 M€ (24,7%)
Partenaires privés : 13,9 M€ (47,8%)
Divers : 3,4 M€ (11,7%)
Total : 29,1 M€
(source : GIP Annecy 2018)

Louis Chenaille