RMC Sport

Ayrault : « Cultiver l’esprit olympique »

Jean-Marc Ayrault

Jean-Marc Ayrault - -

De passage à Londres, le premier Ministre est venu encourager les sportifs français engagés aux Jeux Olympiques. Mais s’est refusé de pronostiquer une candidature de la France à l’organisation des JO 2024.

Avez-vous une feuille de route pour les athlètes français ?

Je souhaite qu’ils fassent mieux qu’à Pékin même si 40 médailles, c’était bien. Mais je souhaite qu’il y ait d’avantage de médailles d’or. Le travail qui a été fait est formidable, il y a eu une super préparation, je sais l’effort que ça demande. Individuel, mais aussi collectif. Je pense à tous les soutiens techniques, à tout ce que fait le mouvement sportif et olympique français. Je le répète, nos sportifs se sont très bien préparés.

L’olympisme a-t-il un message à transmettre en termes de valeurs ?

Les valeurs de respect de l’autre, de respect des principes. On ne peut pas les proclamer d’un côté et avoir une pratique contraire. Donc je comprends que les dirigeants du mouvement olympique et sportif, mais aussi des fédérations sportives veillent à ce que ces valeurs soient incarnées.

« Londres 2012 » a failli s’appeler « Paris 2012 ». Y aura-t-il une candidature pour 2024 ?

Il faut faire un travail d’évaluation pour comprendre pourquoi nous avons connus deux échecs. Le dernier est un échec cinglant, il faut bien le dire. Donc il faut comprendre. Si on n’analyse pas ça, on va repartir sur de mauvaises bases. Et puis, si on prend la décision d’une candidature pour 2024, il faudra tout d’abord le faire en ayant une bonne connaissance du paysage après la décision pour les prochains Jeux. Puis il faudra que ce soit quelque chose qui soit porté par l’ensemble du mouvement olympique et sportif lui-même. Il ne faut pas que ça vienne d’en haut, il faut que ça soit porté, incarné, partagé. Donc toutes ces étapes-là sont à franchir avant de prendre une décision définitive.

Le souhaitez-vous malgré les coûts économiques importants ?

Ça serait une très belle ambition pour la France. Je sais que c’est beaucoup d’investissement pour le mouvement sportif et olympique, mais également pour les entreprises, le tout mobilise de l’argent public. On le voit à Londres, c’est quand même très coûteux. En même temps, ça permet de rénover la ville, de l’équiper. Si c’est bien fait, il peut y avoir un retour sur investissement et on peut garder les équipements et les aménagements qui vont être utiles à la société. Si ça n’est pas fait, c’est quelque chose qui coûte cher, qui peut apparaitre comme superflu. Mais les Jeux Olympiques gardent une dimension populaire très forte. Des millions de Français vont suivre les Jeux, vont être passionnés et verrons, à travers ce que représentent nos athlètes, une dignité, un courage et une fierté qu’ils partageront avec eux. Ça, reste fort. Et je pense que c’est quelque chose qu’il faut continuer à cultiver.

La ville de Nantes est présente aux JO, avec notamment le Belem (le plus ancien trois-mâts en Europe) qui est présent…

Oui, il a été construit à Nantes il y a un peu plus de 100 ans maintenant et a une histoire commune avec Londres puisque je crois qu’il a été propriété d’une partie de la famille royale. Et revient tous les ans. Donc qu’il soit là aux Jeux Olympiques c’est aussi un symbole. Et il n’y a pas que le Belem, il y a aussi des sportifs de la région de Nantes qui vont, j’espère, rapporter des médailles. Je pense notamment à la voile. Puis il y a les Jeux Paralympique avec Damien Seguin qui va être – avec Laura Flessel – le porte-drapeau de la France pour les Jeux Paralympiques. Pour eux, ce moment est un moment formidable et on a envie de partager ce moment de bonheur avec eux.